Pour la première fois, l’UDI va soutenir des candidats LREM

Article paru dans L’Opinion – 30 janvier 2018

Lors de deux prochaines élections législatives partielles, le parti centriste de Jean-Christophe Lagarde soutiendra les candidats de La République en marche et non plus ceux des Républicains. 

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Sur le chemin de la recomposition, c’est une étape importante. Le 30 janvier, l’UDI a tenu une commission nationale d’investiture. A cette occasion, le parti de Jean-Christophe Lagarde a décidé de soutenir les candidats de La République en marche dans deux circonscriptions, où seront organisées des élections législatives partielles en mars : la 8e de Haute-Garonne et la 2e de Guyane. Ce sera une première.

Depuis sa création, l’UDI a toujours fait alliance avec l’UMP puis Les Républicains (à l’exception des européennes de 2014, où elle avait constitué ses propres listes avec le MoDem). Héritier lointain de l’UDF, le parti centriste perpétuait un schéma classique au sein du paysage politique français : l’alliance de la droite et du centre. Lors de l’élection présidentielle et des législatives de l’an passé, c’était encore le cas, malgré les affaires qui avaient rattrapé François Fillon et l’émergence d’une nouvelle offre politique autour d’Emmanuel Macron, pourtant très compatible avec le corpus idéologique du parti centriste.

Le choix de la formation de Jean-Christophe Lagarde est donc un vrai changement de pied. Lors des législatives de juin dernier, dans la 8e circonscription de Haute-Garonne, un candidat UDI, soutenu par LR, était candidat. «Cela avait abouti à l’élection d’un député socialiste, alors que le candidat de La République en marche était proche de nos idées», explique le patron du parti centriste. Cette fois, l’UDI ne présente personne et soutient le candidat LREM, Michel Montsarrat, déjà en lice il y a sept mois. De leur côté, Les Républicains investissent le leur.
En Guyane, l’UDI apporte son appui au député sortant LREM, Lénaick Adam, dont l’élection a été annulée par le Conseil constitutionnel. En juin, elle avait soutenu le candidat soutenu par LR mais sur le terrain, les troupes centristes n’avaient pas suivi.

Symbolique. «Il n’y aura plus d’alliance avec Les Républicains», avait prévenu Jean-Christophe Lagarde, en décembre, dans Le Parisien, à l’occasion de la prise de pouvoir de Laurent Wauquiez, qu’il accuse de représenter «l’ultra droite». Mais lors des deux premières législatives partielles du quinquennat qui avaient suivi, dans le Val d’Oise et le Territoire-de-Belfort, l’UDI avait soutenu les candidats investis par LR. Cette fois, le député de Seine-Saint-Denis passe aux actes à l’occasion de deux des quatre prochaines législatives programmées (l’UDI n’a pas encore tranché sur les deux autres organisées dans la 4e du Loiret et la 1ère de Mayotte). Depuis plusieurs semaines, il a préparé sa famille à cette décision symbolique, qui sera très commentée. Elle est le premier signe qu’une tectonique des places se met en branle. Jusqu’où ira ce changement d’alliance ?

«Nous ferons désormais en fonction de notre proximité d’idées et non plus en fonction d’accords d’appareils qui rendent les choses obligatoires, assure Jean-Christophe Lagarde. Nous serons libres de nos choix.» L’ex-maire de Drancy veut adopter le même critère en vue des municipales de mars 2020. « Nous privilégierons une approche territoriale. Depuis 1977 et le programme commun, on demande quand on élit un maire de se prononcer pour ou contre le président de la République. Cela n’a pas de sens, dit-il. A Chalon-sur-Saône, on trouve un excité de la cantine [le LR Gilles Platret qui refuse tout menu de substitution, NDLR], incompatible avec l’UDI. En revanche, le maire de Nice [le LR Christian Estrosi, NDLR] ne nous est pas étranger.»

Il n’empêche : c’est vers Emmanuel Macron et la majorité que l’UDI opère un mouvement, alors que plusieurs rendez-vous cruciaux approchent. Dans chaque état-major, les européennes de mai 2019 sont déjà dans toutes les têtes. Christophe Castaner, le délégué général de LREM, veut constituer une liste rassemblant « de Daniel Cohn-Bendit à Alain Juppé ». Sur ce spectre, la très pro-européenne UDI a sa place. La formation centriste peut-elle figurer sur la liste de la majorité présidentielle ?

Négociation globale. Avant ce scrutin interviendra un autre moment clé : la révision constitutionnelle. « Gérard Larcher vend la majorité sénatoriale mais il n’en détient qu’une partie. Il vend quelque chose qu’il n’a pas », confie Jean-Christophe Lagarde, faisant référence aux 50 sénateurs que compte le groupe centriste au Palais de Luxembourg. Le patron de l’UDI souhaiterait une négociation globale avec l’exécutif, mêlant la révision constitutionnelle et les prochaines échéances électorales. A l’Assemblée, l’UDI, membre d’un groupe copiloté avec Agir, a déjà une attitude très conciliante avec le gouvernement.

Depuis décembre, Jean-Christophe Lagarde a noté faire l’objet de plus d’attentions de la part d’Emmanuel Macron, qui se méfie beaucoup de lui. A l’automne, il a eu un long entretien avec Edouard Philippe, avec qui ses relations ne sont pas simples. Son changement d’alliance permettra-t-il au patron de l’UDI de revenir dans le jeu ? En 2017, il a figuré sur la liste des grands perdants de la séquence présidentielle.


Sénat

Réforme constitutionnelle : « Vigilants et constructifs, nous ferons des propositions tout au long des étapes de la réforme »

Communiqué du groupe Union Centriste au Sénat
Paris, le 24 janvier 2018

Le Président du Sénat, Gérard LARCHER, présente ce jour les conclusions du groupe de travail qu’il a animé et qui constituent la contribution du Sénat à la Réforme Constitutionnelle souhaitée par le Président de la République.

Le groupe Union Centriste soutient les propositions issues des réunions de travail organisées autour de Gérard LARCHER et salue sa démarche transpartisane.

Nous soutenons les évolutions qui fortifieront l’équilibre entre le Parlement et l’exécutif.

Cela repose sur le bicamérisme ainsi que sur le renforcement du rôle des Parlementaires, notamment dans leur mission de contrôle et d’évaluation des politiques publiques.

En cette période où de nombreux citoyens sont en recherche de repères, nous favoriserons un lien fort du Sénat avec les territoires et la représentation de tous les départements au sein de notre Assemblée.

« Tout au long des étapes de la réforme, le groupe sera vigilant et fera des propositions dans un esprit constructif » déclare Hervé Marseille, Président du Groupe Union Centriste à l’issue de la conférence de presse du Président du Sénat.


Loi sur les fake news : attention à la précipitation ...

Tribune de Gildas Lecoq, Secrétaire national de l’UDI en charge des médias et de la presse

Alors qu’un sondage alarmant publié la semaine dernière rappelle la crédulité de nos concitoyens face à la diffusion des théories des complots, la nécessité de lutter contre leur prolifération s’impose naturellement.

Une loi déjà existante mais totalement inopérante
Mais surtout, alors que le volume d’informations et de messages échangés croît sans cesse sur les réseaux sociaux, la tentation de croire qu’un texte législatif viendra à bout de l’inexactitude, de la calomnie et de la désinformation est un doux rêve.

La preuve : la loi annoncée par Emmanuel Macron existe depuis près de 140 ans, notamment au travers de l’article 27 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse qui proscrit la diffusion de fausses nouvelles susceptibles de troubler la paix publique. L’article L.97 du code électoral prévoit également de sanctionner la diffusion de fausses nouvelles faussant le scrutin.

En réalité, la loi est totalement inopérante sur les réseaux sociaux car il est impossible d’identifier les auteurs de message et de supprimer tous ceux qui propageraient de fausses nouvelles, à la fois parce que les opérateurs américains ne se plient pas aux verdicts des juridictions françaises et parce que l’Etat n’a pas les moyens humains et logistiques d’assurer un suivi efficient.

Un projet ambitieux qui pose plus de questions qu’il n’en résoud
Il faut cependant admettre que les contours du projet dessinés par Emmanuel Macron vont bien au-delà d’une simple prescription morale gravée dans la loi mais sans aucune application directe. L’objectif est de créer aux bénéfices des citoyens une nouvelle action en référé pour obtenir la suspension de la diffusion des nouvelles incriminées par le juge. Une telle action donnerait aux recours devant le juge administratif une effectivité fortement accrue.

Ce projet paraît titanesque et on doute que le gouvernement puisse répondre à toutes les interrogations qui se posent aujourd’hui sur son application. Comment obtenir qu’une information cesse de se propager sur Twitter, notamment lorsqu’elle est diffusée par des comptes basés à l’étranger ? Comment le juge peut-il être chargé d’établir la “vérité” sur des rumeurs portant notamment sur la vie privée et l’orientation sexuelle d’un individu ? Peut-on donner aux juges le pouvoir de suspendre la diffusion des propos d’un responsable politique parce qu’ils seront considérés comme des “fake news” ?

Surtout, ce projet peut évidemment conduire à des dérives s’il est finalisé dans la précipitation. Or, l’exécutif s’est donné pour objectif de promulguer le texte au printemps, pour ne pas modifier le code électoral un an avant les élections européennes, et ainsi éviter d’être accusé de tripatouillage électoral. Dans de tels délais, comment lever tous les obstacles et tous les questionnements qui se posent aujourd’hui ? Comment aboutir à un dispositif équilibré qui soit effectif mais sans remettre en cause la liberté de la presse et d’expression ?

Même si le principe est intéressant, l’annonce d’Emmanuel Macron paraît aujourd’hui précipitée :  le recours à un texte législatif pour résoudre les problèmes auxquels la société est confrontée est une tentation éternelle des responsables politiques, mais en l’espèce, le projet de loi annoncé pose plus de questions qu’il n’en résoud.
Comme le souligne le vice-président de l’UDI, Yves Jégo : « Plutôt que de voter une nouvelle loi contre les “fake news” ne vaudrait il pas plutôt créer un cyber parquet en le dotant de moyens conséquents ? »

Pour véritablement défendre la presse, les responsables politiques doivent cesser de contourner les médias
Toutefois, il y a une autre question à se poser car il y a évidemment une certaine forme d’hypocrisie à voir le Président de la République défendre les journalistes face à l’essor des “fake news” mais aussi à entendre les cris d’orfraie de M. Mélenchon qui hurle à la censure et au dévoiement de la liberté de la presse. En effet, la France Insoumise et En Marche ont pour stratégie délibérée de contourner systématiquement la presse au profit de contenus voire d’outils personnels acquis à leur cause. Ainsi, Emmanuel Macron n’autorise plus systématiquement les Journalistes Reporters d’Image à couvrir de nombreux déplacements, préférant des vidéos “Facebook Live” du service communication de l’Elysée. M. Mélenchon va beaucoup plus loin : avec la création ce soir de sa webtélé “Le Média” par son ex-directrice de communication, il ambitionne de créer un organe de presse partisan qui portera sa bonne parole.

Il n’y a pas d’avenir pour une presse libre et indépendante en France si les responsables politiques contournent des journalistes neutres au profit d’organes de diffusion serviles qui menacent non seulement l’indépendance des médias mais aussi leur vocation première, qui est d’informer la population avec honnêteté et neutralité.


Stéphane Demilly aux côtés des troupes françaises au Mali

Communiqué de Stéphane Demilly
Paris, le 2 janvier 2018

Stéphane Demilly, Député de la Somme, Membre de la commission de la Défense nationale et des Forces armées de l’Assemblée nationale, était présent aux côtés des troupes françaises au Mali pour la nuit du 31 décembre 2017 au 1er janvier 2018.

Après un déplacement du Président de la République au Niger le soir de Noël, Madame la Ministre des Armées s’est en effet rendue au Mali le soir du nouvel an pour soutenir les soldats engagés dans l’opération « Barkhane ». Une délégation d’autorités françaises l’accompagnait afin de les encourager et de leur signifier la reconnaissance des Françaises et des Français dans l’action qu’ils mènent au péril de leurs vies. C’est en tant que membre de la représentation nationale que Stéphane Demilly a participé à ce déplacement.

« Deux jours très intenses et très instructifs qui m’ont permis d’être au plus prés de nos soldats, de mieux comprendre la réalité du terrain et la périlleuse mission qu’ils y mènent. Pour cela, ils méritent notre reconnaissance et nos encouragements. C’est le message, qu’avec la Ministre, nous leur avons porté aux noms des Françaises et des Français » a tenu à déclarer Stéphane Demilly.

Avec la délégation, il a atterri à Bamako dimanche 31 décembre avant d’effectuer un vol en avion militaire pour rejoindre la base militaire de Tessalit, dans le nord du pays. Un premier débriefing a alors été fait sur l’avancée de l’opération « Barkhane » et des explications ont été données sur l’usage du gilet pare-balles à endosser pour les circulations hors du campement. Cette région du nord Mali est en effet extrêmement dangereuse avec une forte concentration de djihadistes, des tirs de roquette s’abattant souvent sur cette base située en plein désert.

Les membres de la délégation ont ensuite passé la soirée de nouvel an au milieu de nos soldats, avec la Ministre des Armées.

Lundi matin 1er janvier, Stéphane Demilly a quitté la base de Tessalit pour rejoindre le centre du pays à Mopti où une réunion de travail avec des représentants du G5 Sahel s’est tenue. A l’issue, la délégation a rejoint Bamako en avion militaire, avant de regagner Paris.