Coup de gueule de l’UDI contre les importations d’huile de palme et de soja

INTERVIEW — Hervé Prononce est l’un des cadres de l’UDI, le parti de Jean-Christophe Lagarde. Maire du Cendre, vice-président de la métropole de Clermont-Ferrand, il est aussi céréalier dans le Puy-de-Dôme.

Il dénonce les actions de la Commission Européenne qui, en continuant d’autoriser les importations de soja et d’huile de palme, met en danger la filière européenne de protéine végétale.

Est-ce bien raisonnable d’immobiliser des terres agricoles pour produire du biocarburant alors que nous aurons bientôt 9 milliards de bouche à nourrir ?

Hervé Prononce : Je suis céréalier, mon rôle c’est de produire du blé ou autre pour nourrir les gens. Mais je produis également un peu de colza dans une logique de diversification des cultures mais aussi de complément de revenu.

En quoi le colza peut-il être considéré comme “vert” ?

H.P : Ce colza s’insère dans une logique d’économie circulaire​ : les graines de la plante sont pressées pour donner de l’huile et du tourteau de colza.

L’huile peut servir pour la consommation humaine et les biocarburants. Le tourteau servira lui à nourrir les bœufs ou les vaches laitières.

Grâce à ce “carburant vert”, les véhicules peuvent réduire leurs émissions de CO2 et les agriculteurs obtenir un revenu qui est, et j’insiste dessus, complémentaire.

Dans ce cas, vous comprenez la décision de la Commission européenne qui a récemment reconnu le soja comme composant durable pour les biocarburants et qui n’a pas totalement interdit l’importation de l’huile de palme ?

H.P: Non car la logique est totalement différente pour le soja et l’huile de palme !

Les Américains produisent une énorme quantité de soja, pour nourrir leurs bêtes et pour valoriser l’huile en biocarburant. Et 94 % du soja planté aux États-Unis est génétiquement modifié pour résister aux désherbants. Est-ce vraiment acceptable d’importer ces produits qui ne respectent aucunes des normes que l’on impose à nos agriculteurs?

C’est encore pire pour l’huile de palme : le seul intérêt pour les indonésiens est d’exploiter des palmiers pour en revendre l’huile aux groupes pétroliers. Et je ne parle même pas de toutes les forêts qui sont détruites pour ces cultures.

“Un biocarburant au colza polluera bien moins qu’un carburant fossile”

Mais les biocarburants permettent de diminuer nos émissions de CO2…

H.P: Pas du tout ! Le soja c’est deux fois plus d’émissions de CO2 qu’un carburant fossile, et c’est trois fois plus pour l’huile de palme !

Quand on pense à toute la déforestation que causent ces cultures, à tous ces puits de carbone qui sont à jamais perdu, comment peut-on encore importer leurs productions…

A l’inverse, un biocarburant au colza polluera bien moins qu’un carburant fossile même s’il ne peut constituer à lui seul une réponse aux problèmes des émissions de CO2.

 

Pourquoi la Commission Européenne a autorisé massivement ces importations de soja américain ?

H.P: Les américains en produisent énormément et la plus grosse partie de leur production allait jusqu’ici en Chine, très demandeuse de protéine végétale. Sauf qu’avec la guerre commerciale que se livrent les deux pays, la Chine a décidé d’arrêter ses importations de soja américain.

Et bien sûr, ne sachant que faire de tout ce surplus de production de soja, les américains se sont retournés vers l’Europe pour que l’on leur achète.Évidemment, en bon copain, nous avons tout de suite accepté, amenant les importations à presque tripler en 1 an, et ce n’est que le début.

Cette décision se fait malheureusement au détriment de l’environnement mais aussi des agriculteurs européens.

Elle a été plus ferme sur l’huile de palme …

H.P: Ce n’est que de l’affichage ! L’huile de palme est en partie interdite mais pas totalement, les petites exploitations pourront continuer à exporter leur production.

Je ne vois pas ce qui empêchera les producteurs indonésiens de simplement se diviser en petites structures pour mieux continuer à nous envoyer leur huile de palme.

Comment voulez vous que nos agriculteurs français et européen rivalisent avec des productions de soja très souvent OGM ou des palmiers à huile cultivés dans des régions du monde ou le coût de la mains d’œuvre est dérisoire?

Si l’Europe veut s’affirmer comme leader en matière de transition écologique, qu’elle commence par stopper les importations de produits polluants venant des quatre coins du monde.


Lagarde et Bussereau font cause commune pour la décentralisation

Communiqué de Jean-Christophe Lagarde
Paris, le 14 février 2019

Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, tête de liste aux Européennes, et Dominique Bussereau, président de l’Assemblée des Départements de France étaient rassemblés jeudi dernier lors d’un colloque exceptionnel organisé au siège de l’UDI : « La décentralisation peut-elle être un projet de société ? »

A l’invitation de Françoise Gatel, vice-Présidente de l’UD et sénatrice d’Ille et Vilaine et de Philippe Laurent, Maire de Sceaux et Secrétaire général de l’Association des maires de France, sont également intervenus Olivier Richefou, président du département de la Mayenne et Jean-Marie Bockel, sénateur du Haut-Rhin.

Dominique Bussereau a profité de l’occasion pour rappeler la demande de modification de la loi NOTRe, « en accord avec les Régions, afin de rendre possible une intervention économique de ces collectivités, sur la base du volontariat. »

Dominique Bussereau a rappelé que l’ADF revendiquait pendant l’élection présidentielle “un nouveau pacte territorial pour confier plus de souplesse d’action et d’innovation aux collectivités« , avec 36 propositions concrètes pour offrir plus de marges de manoeuvre et de compétences aux départements.

En dénonçant “la pratique centralisée et verticale du pouvoir” par Emmanuel Macron, Jean-Christophe Lagarde a rappelé que “les libertés locales et la décentralisation sont au coeur du projet politique de l’UDI”. “Il n’y a pas grand-chose finalement que l’Etat devrait conserver de mon point de vue en dehors des grands pouvoirs régaliens. Le paradoxe est qu’à force de tout faire, la seule chose que l’Etat ne fait plus, ce sont les missions régaliennes : pas capable d’assurer la sécurité, pas capable de rendre la justice, pas capable de gérer l’éducation avec un niveau qui baisse en permanence. (…) Les fonctions régaliennes de l’Etat sont celles qu’il n’assume plus à force de s’occuper des autres” a-t-il ajouté.


Agriculture : Jean-Christophe Lagarde avance ses propositions

Communiqué de Jean-Christophe Lagarde
Paris, le 22 février 2019

En amont du Salon International de l’Agriculture, le président de l’UDI Jean-Christophe Lagarde, tête de liste aux élections européennes, a présenté les propositions agricoles de la liste qu’il conduira, autour de quatre axes majeurs :

  1. Profiter du Brexit pour augmenter le budget de la Politique Agricole Commune

La Commission Européenne propose d’amputer le budget de la PAC pour la période 2021 – 2027 de 23 milliards d’euros, en passant de 388 à 365 Md (le chiffre de 388 milliards correspond au budget de la PAC hors Royaume-Uni). La diminution du budget de la PAC représente donc 3,3 Md de perte annuelle pour les agriculteurs.

Nous nous opposons à cette baisse et nous proposons une solution simple pour y remédier.

  • Avec le Brexit, chaque Etat va cesser de verser sa contribution à l’UE au titre du rabais britannique obtenu par Margaret Thatcher : en effet, le Royaume-Uni bénéficiait d’une réduction de sa contribution au budget de l’Etat qui était financée par d’autres Etats
  • Nous proposons qu’après le Brexit, chaque Etat ne récupère pas entièrement la contribution qu’il versait pour les Britanniques mais la réaffecte au budget de l’Union Européenne afin de préserver le budget de la PAC
  • Le rabais Britannique coûte en moyenne 6,07 milliards aux Etats européens chaque année : en affectant ces contributions à la PAC, nous pourrions largement compenser la baisse des crédits envisagée par la Commission !

La France est d’autant plus légitime pour obtenir satisfaction qu’aucun autre pays n’a autant financé le rabais britannique : il a coûté 34 milliards d’euros à la France depuis 1984 et nous finançons près d’un tiers du rabais chaque année.

  1. Une exigence de réciprocité dans les normes environnementales avec le reste du monde

L’Europe impose des normes aux agriculteurs européens sans appliquer de contrôle produits importés qui contiennent souvent bien plus de pesticides que les produits européens. Aujourd’hui, 6,5 % des produits importés contiennent des résidus de substances interdites en Europe !

Plusieurs produits sont interdits en Europe mais autorisés dans les cultures à l’étranger et susceptibles d’être importés en Europe :

  • L’atrazine, un herbicide interdit en Europe en 2003 mais qui est toujours autorisé aux Etats-Unis ou au Canada où il est utilisé sur les cultures céréalières. L’atrazine peut avoir des effets néfastes sur les hormones et le système reproducteur et serait cancérogène ;
  • Le lactofen, est un herbicide interdit en Europe 2009 mais autorisé au Etats-Unis, en Chine ou encore au Brésil principalement sur les cultures céréalières, de soja ou encore sur les pommes de terres. Plusieurs études démontrent les nombreux effets cancérogènes de cette substance ;
  • L’acéphate, est un insecticide interdit en Europe mais aussi récemment en Chine mais autorisé au Brésil (sur le soja) ou au Canada où il est utilisé pour les différentes cultures de légumes et autres salades. L’acéphate peut provoquer des réactions cardiaques négatives, une atteinte du système nerveux central et des problèmes oculaires et gastro-intestinaux.

Cette concurrence est déloyale pour nos agriculteurs : nous devons imposer un principe de réciprocité absolue dans nos échanges commerciaux.

  1. Lutter contre l’accaparement de nos terres agricoles par des investisseurs étrangers

L’accaparement des terres désigne l’acquisition de terres agricoles par des entreprises transnationales et gouvernementales. De plus en plus de groupes étrangers achètent à des prix défiant toute concurrence des terres agricoles françaises et européennes afin de destiner la production de ces terres à leur propres pays, notamment en Chine.

Les agriculteurs français et européens ne peuvent lutter contre cette concurrence déloyale au vu des prix de rachat par les groupes étrangers. Surtout, l’Europe distribue des aides de la PAC pour des productions qui seront entièrement dédiées au marché chinois, ce qui remet en cause notre autosuffisance et notre indépendance alimentaire.

Un exemple bien connu en France est celui de Reward group international, une multinationale chinoise qui a déjà racheté plusieurs milliers d’hectares en France, dernier achat en date, 1600 hectares dans l’Allier achetés au double du prix du marché.

Les terres agricoles ne peuvent plus être considérées comme des biens comme les autres : pour lutter contre ce phénomène, il faut restreindre la possibilité à des personnes morales extra-européennes d’acquérir nos terres et de bénéficier des aides de la PAC.

  1. Une mesure contre la paperasserie imposée par l’Europe aux agriculteurs

L’UDI défend l’évolution du modèle administratif de la PAC.

L’objectif : imposer des contrats pluriannuels pour réduire les frais de pure bureaucratie qu’impose l’Europe aux agriculteurs.

Aujourd’hui, un agriculteur est obligé de faire une déclaration annuelle très complexe sur l’état de sa propriété, au point de devoir faire appel à des entreprises spécialisées pour remplir leurs déclarations !

Nous proposons d’alléger cette charge administrative en permettant aux agriculteurs de remplir des contrats pluriannuels sur 5 ans et plus tous les ans.

Nos autres propositions …

  • Rétablir davantage d’équilibre dans la répartition de la PAC en plafonnant les aides directes à 80 000 euros afin d’aider davantage les exploitants en difficulté.
  • La question n’est pas la date de l’interdiction du glyphosate mais comment nous le remplaçons ! Nous devons financer davantage la recherche agronomique pour trouver des produits de substitution au glyphosate mais aussi au cuivre pour la viticulture, en concentrant des moyens pour la recherche dans l’agriculture de précision et les nouvelles techniques de sélection végétale.

A la CPME, Lagarde défend son modèle d’Europe juste

Vous êtes un pro-européen convaincu mais vous considérez que d’un point de vue économique, l’Europe est naïve : qu’entendez-vous par là ?

J-C Lagarde : Alors que les deux plus grandes puissances du monde ont décidé de mettre fin au multilatéralisme, l’Europe ne doit pas être la grande naïve, la seule puissance qui n’entretienne pas de rapport de force.

La première priorité de la prochaine législature, c’est de rétablir des règles du jeu qui soient équitables : la réciprocité sur l’intégralité de nos accords commerciaux doit désormais devenir obligatoire.

Les entreprises appartenant à des pays dont les marchés sont restreints, ou fermés aux entreprises européennes ne doivent pas pouvoir librement accéder aux marchés européens : c’est un levier de pression indispensable que l’Europe doit utiliser.

Tandis que les chinois peuvent s’implanter et acheter ce qu’ils veulent en Europe, un entrepreneur européen doit céder 51% de son capital à un partenaire chinois s’il souhaite s’implanter dans le pays !

Nos marchés publics sont ouverts à 95% en Europe, tandis que la Chine, les Etats-Unis ou encore le Japon jusqu’à présent n’adhèrent pas aux mêmes règles que nous.

Mais en quoi l’Europe fait preuve de naïveté concernant les petites et moyennes entreprises ?

Je vais vous citer un exemple concret.. En 2008, on a crée Small Business Act, largement inspiré du modèle américain. Aux Etats-Unis, cette réforme leur a permis de protéger leur PME, notamment en réservant 23% de la commande publique américaine aux PME nationales.

Nous, européens, avons préféré proposer un Code de bonnes conduites, pour ne pas froisser l’Accord sur les Marchés Publics de l’OMC, imposant “l’absence de discrimination et une concurrence internationale loyale”. Cet accord n’a été voté que par 28 pays !

Le modèle européen est une absurdité face aux plus grandes puissances économiques — les Etats-Unis, le Japon, le Canada, la Corée du Sud… qui ont toutes des régimes préférentiels pour leur PME.

Encore une fois, stop à la naïveté !

Vous insistez sur la nécessité d’avoir une concurrence “plus juste”, mais pour les PME, la principale injustice, c’est l’injustice fiscale !

Tout à fait. Si nous souhaitons faire survivre l’UE, l’euro et le marché commun, il est inévitable d’accélérer le projet d’assiette commune consolidée d’impôt sur les sociétés mais aussi d’encadrer les taux, par un taux plancher et un taux plafond.

Dans un marché unique, on ne peut pas avoir un taux d’impôt sur les sociétés de 9% en Hongrie et de 33% en France ! C’est l’objectif du corridor fiscal que nous proposons dans notre projet.

En revanche, n’oublions pas que la France pratique un des taux d’imposition les plus élevés d’Europe ! Il nous faut donc retrouver un équilibre économique car en harmonisant nos taux, la France serait obligée de baisser le niveau de nos dépenses publiques, et de l’expliquer aux français.

Dans un marché unique, on ne peut pas avoir un taux d’impôt sur les sociétés de 9% en Hongrie et de 33% en France !

 

Mais pourquoi les Etats peinent à avancer sur ce sujet ?

Le cœur du problème concernant les règles fiscales communes, c’est que la règle de l’unanimité nous oblige à mettre d’accord l’ensemble des Etats membres.

C’est pourquoi je ne suis pas favorable à la règle de l’unanimité au niveau de l’UE pour de nombreux domaines, et notamment celui-ci. Ce droit de veto signifie que le plus petit, celui qui joue moins le jeu, peut bloquer tout le monde.

Je crois à la construction de deux Europe : l’Europe espace et l’Europe puissance.

C’est aussi pour cette raison que je ne crois pas non plus à l’Europe des 28. Je suis le seul député français à avoir voté en 2004 contre l’intégration des 10 nouveaux pays membres, car nous n’avions pas réformé la gouvernance de l’Union. Nous observons aujourd’hui que ces pays veulent le marché, mais pas le projet politique européen ! C’est l’erreur qui a été commise.

Comme l’avait écrit Valéry Giscard-d’Estaing en 1995, je crois à la construction de deux Europes : l’Europe espace et l’Europe puissance. L’Europe espace existe bel et bien aujourd’hui, même si elle nécessite de la régulation, et doit être conservée. Mais il y a aujourd’hui une autre Europe à créer, avec ceux qui ont pris conscience de la nécessité d’une réelle puissance européenne.

Pour rétablir la justice fiscale, ne faut-il pas résoudre le décalage entre les PME et les géants du numérique qui paient une contribution dérisoire ?

Bien sûr, l’Europe doit trouver une façon de taxer ceux qui produisent autant de richesses. Nous n’avons jamais vu des géants économiques plus fort que les Etats, se construisant en aussi peu de temps et ne payant aussi peu d’impôt.

Vous soutenez donc le projet de taxe GAFA de Bruno Le Maire ?

Sur, ce sujet, il faut faire attention aux fausses bonnes idées. J’ai beaucoup de réserve sur le projet de Bruno Le Maire en la matière.

Le principe d’une taxe sur le chiffre d’affaires des entreprises du numérique va pénaliser les pionniers français alors que nous avons besoin de jeunes pousses dans le domaine. Les géants américains qui sont en situation de monopole pourront d’ailleurs répercuter cette taxe sur les consommateurs, c’est à dire les PME et particuliers européennes.

Beaucoup de petites entreprises souffrent surtout de la superposition de normes…

Oui : je défends justement une Europe de l’essentiel qui arrête de s’occuper de l’accessoire. On a pas réuni 500 millions de citoyens pour réglementer la fréquence des clignotants, la taille des bulbes de tulipes, ou pour imposer l’inscription des noms des poissons en latin sur les étalages des marchés comme le fait la Commission Européenne

Mais sur ce sujet, n’accusons pas l’Europe de tous les maux : nous, français, ajoutons des cadenas, des poids et des verrous à tout ce qui devrait permettre d’organiser une concurrence loyale !

C’est particulièrement vrai pour les obligations déclaratives supplémentaires. Nos PME payent alors des surcoûts pour respecter des normes françaises auxquels aucun de nos partenaires européens n’est contraint.

L’administration française ayant vu une partie de son pouvoir s’échapper vers Bruxelles, ne cesse de rajouter des règles afin de justifier de son existence.

Je combattrai cette maladie française de la sur-transposition : soit il n’y a pas de règle européenne et une règle française est légitime, soit il y a une règle commune et c’est la seule ! Concrètement, il faut mieux associer les Parlementaires européens à ce travail. Le Parlement français n’a pas le temps et les moyens pour prévenir les cas de surtransposition imposés par la machine d’Etat, il faut donc associer les parlementaires européens à ce travail, ils doivent plus s’impliquer, en prévenant en amont les difficultés.

Est-ce que cette spécificité française bureaucratique est la principale cause des difficultés de certaines petites et moyennes entreprises ?

Non, ça n’explique pas pourquoi nous manquons d’entreprises de taille intermédiaire, ce fameux “Mittelstand” allemand qui lui confère sa puissance à l’export.

L’un de nos problèmes, c’est notre allergie aux entreprises familiales, qui forme le noyau du modèle allemand. En France la part de transmission des entreprises patrimoniales est de 7 %, contre 51 % en Allemagne. La plupart des pays européens exonèrent la transmission en contrepartie d’une durée de détention longue des titres : l’Allemagne exonère à 100 % les droits de succession si les actions sont conservées sept ans !

Je crois à ce modèle du capitalisme du temps long, de ces entreprises qui ont une vocation intergénérationnelle : elles sont moins soumises aux variations boursières, à la recherche du profit de court terme. Les entreprises familiales sont les symboles d’un capitalisme à visage humain.


« Il faut un bras de fer pour sauver les pêcheurs français »

INTERVIEW – Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI et tête de liste aux élections européennes 2019, était dans les Hauts-de-France le 13 décembre.

L’occasion de s’exprimer sur les conséquences du Brexit pour les marins-pêcheurs français au cours d’une réunion publique à Calais.

Alertant sur le « grave danger » qu’encourent les pêcheurs français, le leader du parti de la droite européenne et du centre propose des solutions pour trouver un accord leur garantissant un accès aux eaux britanniques après le Brexit.

Le Royaume-Uni quittera l’Union européenne le 30 mars, quelles conséquences devons-nous craindre pour les marins-pêcheurs français ?

J-C Lagarde : Aujourd’hui, entre 60 et 70 % de ce qui est pêché par les pêcheurs de Boulogne-sur-Mer est pêché dans les eaux britanniques. En France, c’est plus de 30 % des captures de nos pêcheurs qui sont faites dans le territoire du Royaume-Uni !

A partir du 30 mars prochain, ils n’auront plus le droit de pêcher là-bas, et leurs activités, leurs conditions de vie, seront en grave danger. Il faut donc rapidement trouver un accord avec le Royaume-Uni pour sauver les emplois de nos pêcheurs et préserver ce secteur économique et vital.

Oui mais le Gouvernement a déjà présenté un grand plan d’urgence …

Mais il a complètement oublié le secteur de la pêche ! Le gouvernement semble s’être à peu près bien préparé aux contrôles aux frontières et souhaite en effet investir 50 millions d’euros dans des parkings et des installations de contrôles.

“Le plan du Gouvernement a fait l’impasse sur le secteur de la pêche !”

Par contre, il faut que le Gouvernement aide la mutation d’un certain nombre d’activités économiques. La transition amènera des difficultés, les échanges seront peut-être moins nombreux dans un premier temps. Il faut donc impérativement soutenir les acteurs économiques !

Faut-il indemniser les pêcheurs ?

L’Union européenne a déjà prévu d’indemniser les pêcheurs. Mais la question ce n’est pas vraiment de les indemniser, c’est de les laisser travailler. Et pour cela, il faut avoir un accord rapide avec le Royaume-Uni permettant aux pêcheurs français d’avoir accès aux eaux britanniques après le Brexit.

Le Royaume-Uni est très protecteur de ses eaux territoriales, ils n’accepteront jamais votre proposition, surtout que les pêcheurs ont voté largement pour le Brexit …

Le Gouvernement a les moyens d’engager un bras de fer en s’appuyant sur nos partenaires européens. Je défends une mesure simple : si nos pêcheurs n’ont pas accès à leurs eaux, alors leurs avions n’auront pas accès à nos airs.

Est-ce réaliste ?

Bien sur, c’est exactement la position du premier ministre irlandais et la France devrait faire bloc avec lui pour défendre nos pêcheurs !

Pour trouver un accord, nous avons un moyen de pression si l’Europe est unie et fait cause commune. Lorsqu’ils quitteront l’Union européenne, les britanniques quitteront également le Ciel unique européen. C’est ce qui permet aux avions anglais de se poser et d’utiliser nos aéroports partout dans l’Union européenne. C’est donc le Ciel unique européen qui permet aux compagnies aériennes britanniques d’assurer des vols de Londres vers Barcelone, ou vers Paris !

Je propose donc que les avions britanniques puissent continuer à voler dans notre espace aérien à condition seulement que nos pêcheurs puissent continuer à pêcher dans les eaux britanniques. Il n’y a pas de raison que l’on accepte que leurs avions volent dans nos airs si nos bateaux ne peuvent plus aller dans leur mer !

Si l’Europe défend de manière unie cette position, alors nous pouvons obtenir des Britanniques qu’ils garantissent l’accès des pêcheurs français à leurs eaux territoriales.


Le prochain visage de Marianne doit être celui de Simone Veil

Communiqué de Sophie Auconie
Paris, le 12 février 2019

Alors qu’il est incontestable que la violence et l’extrémisme s’expriment de plus en plus dans notre pays, sous toutes leurs formes, la montée de l’antisémitisme rappelle les heures les plus noires de notre Histoire.
Avec une hausse de 78% des actes à caractère antisémites en 2018, notamment les derniers tags sur des murs et les croix gammées sur la représentation de Simone Veil, l’alarme continue de retentir toujours plus fort.
Face à elle, nous devons répondre avec la plus grande fermeté mais aussi par la résistance du symbole.
Pour terrasser la bête immonde, encore en mesure de gangréner notre République, quoi de mieux que la figure maternelle de notre Nation pour la renvoyer dans les abysses.
Je soutiendrai donc, auprès du Président de la République, la proposition de la sénatrice Fabienne Keller, pour que le prochain visage de Marianne soit aux traits de Simone Veil.

Je salue d’ailleurs les collectivités qui ont rendu hommage à cette grande dame de notre histoire en identifiant certains patrimoines de nos villes de son nom.


Alstom/Siemens : la Commission européenne fait le jeu de la Chine

Communiqué de Jean-Christophe Lagarde
Paris, le 6 février 2018

Pour le président de l’UDI Jean-Christophe Lagarde, tête de liste aux élections européennes, le veto attendu de la Commission Européenne sur le mariage entre Alstom et Siemens mobility est “une décision absurde”.

Bruxelles estime que le futur ensemble Alstom-Siemens aurait été placé dans une position de domination trop forte de la concurrence : la Commission est tellement bornée qu’elle fait le jeu de la Chine plutôt que de protéger les Européens !” explique Jean-Christophe Lagarde.

“Pendant ce temps, China Railway construit 230 trains par an alors qu’un ensemble Alstom/Siemens en aurait produit 35 par an à peine. Où est le danger alors que les trains chinois commencent à envahir l’Europe comme les TGV qu’ils ont vendu aux Tchèques ou encore celui qui reliera Athènes et Budapest?” Appelant à “cesser ces dérives”, Jean-Christophe Lagarde milite pour “transformer l’Europe en bras armé de notre puissance, et pas en instrument de notre affaiblissement !”.

“Avec des décisions aussi absurdes, nous finirons par rouler dans des TGV chinois” poursuit-il, dénonçant la politique de la concurrence dogmatique de la Commission Européenne qui a déjà conduit par le passé “à ce que Péchiney soit absorbée par les Canadiens ou encore que la société canadienne Havilland soit rachetée par les Américains plutôt que par Aérospatiale, société française”.

Appelant à profiter des élections européennes pour changer la donne et “pour permettre aux peuples de réorienter l’Europe”,  Jean-Christophe Lagarde veut “en finir avec l’Europe de la naïveté qui nous laisse dépouiller par les grandes puissances continentales au lieu d’une Europe stratège qui nous protège du monde. C’est le sens de la liste de futurs députés européens que nous proposons aux Français, une liste de candidats rassemblant la droite et le centre européens, qui veulent refonder une Europe ambitieuse et juste.