"La recomposition politique nous rend libres !"

INTERVIEW Le président de l’UDI Jean-Christophe Lagarde se donne deux ans pour bâtir une force politique nouvelle, « progressiste ». 

Lire l'interview dans Le JDD

Les sénatoriales ont marqué une victoire des  Républicains et de l’UDI, et un coup d’arrêt pour la République en marche. La recomposition politique est-elle terminée ?

Les sénatoriales ont été un très beau succès pour l’UDI. Nous tournons ainsi la page d’une « annus horribilis », subie parce que nous n’avons pas eu la force collective de présenter un candidat à la présidentielle. Et nous avons été contraints de soutenir un candidat et un programme que nous n’avions pas choisis et qui nous a embarqué dans une affaire qui ne nous concernait en rien. Nous en tirons les leçons. La recomposition politique en cours nous rend désormais libres de toute entrave et de toute alliance. Libres de toutes nos positions, que ce soit vis-à-vis du gouvernement ou de toute formation politique.

L’alliance traditionnelle avec les Républicains est-elle caduque ?

Elle n’est plus une obligation. A partir de l’UDI, je souhaite que nous construisions une force politique nouvelle, rassemblant le centre et la droite progressiste. D’ici aux européennes, nous avons deux ans pour gagner une autonomie complète et rassembler ceux qui ne partagent pas la dérive d’une droite se recroquevillant sur sa fraction la plus nationaliste, conservatrice, et frileuse. Bref, la droite qui a refusé de voter Macron contre Le Pen, n’est pas la nôtre.

Cette grande formation progressiste, beaucoup en parlent, mais on ne voit toujours rien venir…

J’espère que les gens issus des Républicains qui ne partagent pas cette dérive droitière  sauront créer leur force politique. Je suis prêt à la fédérer avec la nôtre. S’ils ne le font pas, il nous reviendra d’incarner ces français du centre et de la droite progressiste. Car dans cet espace politique, l’UDI est la seule force politique organisée, présente au Parlement  et dans chaque territoire. Je crois que les différents courants politiques doivent devenir cohérents. L’UMP, est morte à force de vouloir tout enfermer dans le même parti –de la droite extrême jusqu’à ce qu’ils prétendaient être le centre . En vérité, ils ne sont plus d’accord sur rien. S’ils en ont le courage, je suis prêt à travailler avec des gens comme Valérie Pécresse, Xavier Bertrand, ou Christian Estrosi pour construire une force politique cohérente et constructive. Mais il y a désormais une frontière entre nous et ceux qui ont refusé de voter Macron contre Le Pen !

Que représente M. WAUQUIEZ pour vous ?

La ligne Buisson, celle de tous les excès, de tous les échecs.

Excluez-vous de travailler demain avec Laurent Wauquiez ?

Je vous l’ai dit : nous sommes désormais libres de toute alliance. Ce que je veux construire à partir de l’UDI, c’est une force politique qui ne sera plus jamais supplétive des Républicains. Cette page avec LR est tournée. Mais je refuse tout autant d’être le laudateur zélé du pouvoir !

Emmanuel Macron pourrait avoir besoin de l’UDI pour sa réforme constitutionnelle. Que lui dites-vous ?

Des débuts de Macron, il y a du bon et du moins bon. Je voterai la réforme du travail. Le ministre de l’Education est un homme exceptionnel, dont je soutiens le projet. Je partage quasi à 100% ce que dit M. Macron sur l’Europe. Depuis une génération, c’est le discours le plus volontariste d’un Chef d’Etat français sur la construction européenne. Mais si M. Macron a raison dans ce qu’il dit, il est hélas minoritaire dans notre pays sur l’Europe. Et je dis au Président, vous avez besoin d’alliés pour convaincre les Français. Nous sommes prêts à travailler avec lui sur l’Europe, le droit du travail, l’éducation ou sur les réformes institutionnelles pour moderniser la France. Mais jamais je ne renoncerai à la liberté de dire quand nous ne sommes pas d’accord.

Que pensez-vous des choix budgétaires du gouvernement ?

J’ai des désaccords mais c’est le budget le plus sérieux que j’ai vu depuis 15 ans. Pour autant, je combats la hausse de la CSG qui est aussi injuste socialement qu’économiquement inefficace . De même, j’alerte sur le logement. La baisse des APL avec une baisse forcée des loyers pour les HLM est une erreur grave. Pour économiser 1,3 milliard d’euros, on aboutira à l’arrêt de la construction, de la rénovation urbaine et des programmes d’entretien, comme le changement d’un ascenseur par exemple. Je dis à Edouard Philippe : alerte rouge ! Je lui dis chaque euro de loyer en moins pour le locataire doit être aussi un euro de charge en moins aussi pour son organisme HLM. Enfin, sur l’ISF, si je partage l’idée de favoriser l’investissement dans les entreprises, et donc l’emploi, le fait qu’un appartement soit taxé et pas un lingot d’or me choque. Ce budget a besoin de plus d’équité, nous la proposerons.


Canal Seine-Nord Europe : appel au rassemblement pour la venue d'Emmanuel Macron !

Communiqué de Stéphane Demilly
Paris, le 27 septembre 2016

A l’occasion du déplacement d’Emmanuel Macron à Amiens ce mardi 3 octobre, Stéphane Demilly, député de la Somme, appelle à un rassemblement d’élus et de citoyens devant la Préfecture de la Somme à partir de 11h30.

« Il est désormais plus que temps que l’Etat prenne ses responsabilités sur le projet de Canal Seine-Nord ! Les collectivités ont fait des propositions audacieuses, qui sont restées sans réponse du gouvernement !

Je constate également que le Canal Seine-Nord Europe est absent du Projet de loi de finances pour 2018, ce qui confirme le peu d’engouement de l’Etat sur ce dossier pourtant soutenu à 40% par l’Union européenne.

Ces atermoiements gouvernementaux sont inacceptables, je demande donc au Président de la République de trancher vite et dans le bon sens !

Mardi matin, nous serons là pour l’accueillir à Amiens et lui demander de s’exprimer clairement.

Le lendemain, mercredi 4 octobre, je réunirai à l’Assemblée nationale des députés de tout bord politique afin de créer un groupe parlementaire des « Députés du canal » afin d’agir ensemble et de renforcer la pression sur le gouvernement. Une démarche similaire va être initiée prochainement au Sénat » a  tenu à déclarer Stéphane Demilly.


Sénat

Sénatoriales 2017 : la plus forte progression que l'UDI ait jamais connu

Déclarations de Jean-Christophe Lagarde à l’AFP
Paris, le 24 septembre 2017

Le groupe Union centriste, qui comptait 42 membres au Sénat avant les élections, pourrait atteindre « 50 à 55 sénateurs », a estimé dimanche le président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde.

« A l’heure où je vous parle, on fait 12 sièges de plus (…) d’ici lundi soir on sera 15 de plus, voire 17 », a déclaré M. Lagarde à la presse dans les couloirs du Sénat, après l’annonce de la majorité des résultats du renouvellement partiel du Sénat.

« C’est la plus forte progression que l’UDI ait jamais connu », s’est-il félicité, soulignant que ce décompte incluait « les gains et les pertes, puisqu’on a trois pertes et tout le reste évidemment, c’est des victoires qui s’alignent un peu partout », notamment dans des départements qui n’avaient pas d’élus UDI comme La Réunion.

« Je pense que du coup, le groupe qui est déjà le nôtre va atteindre 50 à 55 sénateurs, ce qui est considérable vu l’endroit d’où on partait », a-t-il ajouté, fustigeant ceux qui ont « annoncé tous les jours qu’on est morts ».

Le groupe devra dans les prochains jours désigner un nouveau président. Le précédent, François Zochetto, ne s’est pas présenté à un nouveau mandat, privilégiant sa mairie de Laval, en conséquence de l’application du non cumul des mandats.


Le sommet franco-italien doit permettre la poursuite du Lyon-Turin

Communiqué d’Yves Pozzo di Borgo
Paris, le 21 septembre 2017

A l’occasion du sommet franco-italien qui se tiendra à Lyon le 27 septembre, le sénateur Yves Pozzo di Borgo souhaite rappeler l’importance capitale du projet de la liaison ferroviaire Lyon-Turin pour l’avenir de l’Europe.
Le sénateur était le rapporteur au Sénat du texte de projet de loi binational de la réalisation et de l’exploitation de la ligne ferroviaire, adopté en janvier. Le projet de la liaison ferroviaire Lyon-Turin sera au coeur de ce sommet, co- présidé par le président Emmanuel Macron et Paolo Gentiloni, président du Conseil italien.

« La liaison ferroviaire entre Lyon et Turin est un projet structurant pour l’avenir de nos deux pays. Cela permettra un rééquilibrage stratégique et un rapprochement économique entre la France et l’Italie, entre le Grand Paris et le Grand Milan. Cette liaison ferroviaire aura des retombées économiques pour nos deux pays et pour toute l’Europe, ainsi qu’un bienfait environnemental important » rappelle Yves Pozzo di Borgo.

En réponse au comité pour la liaison ferroviaire Transalpine, le sénateur de Paris souscrit aux trois orientations que souhaite l’organisme : éviter l’arrêt du chantier, l’éclaircissement des modalités de la contribution financière française et éviter un potentiel retard du projet.

Le sénateur « demande au président Macron et au Premier ministre Gentiloni de poursuivre les travaux de leurs prédécesseurs. Ce projet est un exemple de cohésion européenne ».


Les collectivités s’engagent pour le Canal Seine-Nord Europe !

Communiqué de Stéphane Demilly
Paris, le 12 septembre 2017

Stéphane Demilly, Député de la Somme, tient à saluer l’engagement et la détermination sans faille des collectivités, conseils régionaux et conseils départementaux, pour la réalisation du Canal Seine-Nord Europe.

« La proposition portée par les collectivités ce matin devant la Ministre des transports est extrêmement innovante et met clairement l’Etat devant ses responsabilités.

Avancer les deux premières années de financement de l’Etat, garantir l’emprunt et régionaliser la Société de projet du Canal pour en confier le pilotage aux collectivités sont autant de propositions qui démontrent la volonté des territoires de faire réussir le Canal Seine-Nord Europe en s’affranchissant des atermoiements de l’Etat.

Cette démarche inédite est l’illustration très claire de l’importance de ce projet pour l’avenir de nos territoires.

Alors que l’Etat « attend », « reporte », « diffère », met sur « pause » et n’a de cesse de remettre en cause sa parole, les territoires, eux, font le choix d’avancer et de prendre les choses en main !

La balle est désormais entre les mains du Premier ministre et du Président de la République.

Je forme le vœu qu’ils accueillent positivement ces propositions, qu’ils prennent rapidement les mesures nécessaires à leur mise en application, et, bien entendu, qu’ils confirment l’engagement financier de l’Etat à hauteur d’un milliard d’euros. »


Pourquoi la fin des contrats aidés est une décision inquiétante socialement et idiote économiquement

Ces contrats sont un succès, car ils s’inscrivent dans la double volonté mainte fois formulée de la nécessité d’une activité professionnelle et aussi d’une utilité sociale.

Lire la tribune de Michel Zumkeller sur le Huffington Post

Le Président de la République, quelques jours après avoir annoncé vouloir mettre en place une relation de confiance avec les Collectivités Territoriales, vient de décider de mettre un terme aux contrats aidés.

Enfin un terme très relatif, puisque tout en annonçant que ces contrats sont très onéreux et ne produiront aucun effet, il les maintient pour l’Education nationale et la police.

Passons sur cette incohérence mais profitons de l’instant pour expliquer la raison d’être de ces contrats et surtout quel sera l’impact de leur suppression.

Les contrats de type CUI et CAE sont une création de l’Etat, pour permettre la réinsertion dans la vie active des personnes les plus éloignées de l’emploi, les jeunes de moins de 26 ans et les personnes de plus de 50 ans.

En ce sens, ces contrats sont un succès, car ils s’inscrivent dans la double volonté mainte fois formulée de la nécessité d’une activité professionnelle et aussi d’une utilité sociale.

Combien de fois n’a-t-on pas entendu qu’il était inconcevable que des chômeurs qui touchent une indemnisation ne puissent se mettre au service de la Collectivité. Et bien, c’est cela les contrats aidés.

Mais intéressons-nous maintenant à l’impact que pourrait avoir sur la vie de nos Collectivités, la disparition de ce qui est un soutien financier de l’Etat.

Tout d’abord, il est edifiant de constater que c’est l’Etat lui-même qui il y a encore quelques semaines, incitait les Collectivités à signer des contrats aidés.

La mission des Préfets est bien ingrate en quelques jours. Ils ont du faire un virage à 360 degrés et expliquer combien maintenant ces contrats étaient devenus « dangereux » pour la République.

Cette suppression s’ajoute pour la Collectivité à des baisses drastiques de dotations et surtout à une inflation de désengagement de l’Etat, qui finit toujours par être assumée pour les échelons territoriaux.

Rythmes scolaires, O phyto, cartes d’identité, autant d’activités nouvelles qui nécessitent d’avoir des personnels pour répondre aux attentes des Français.

Alors que faire? accepter la situation et voir 200.000, 300.000 personnes retourner pointer à Pôle Emploi où leur seront proposées des formations qui ne les mèneront nulle part? Certainement pas.

Le Président de la République veut engager une relation de confiance avec les élus? Et bien voila ce que je lui propose.

Remplaçons le fonctionnement actuel pour un autre type de contrat, un CDI progressif.

Les Collectivités signent un CDI avec une personne qui répond aux conditions du contrat aidé, les six premiers mois, l’Etat verse 75 % d’aides et les 20 heures sont complétées par 15 heures de formation prises en charge par les organismes de formation, les six mois suivant, l’aide passe à 50 %, pour ne représenter que 25 % au bout d’un an et zéro au bout de 18 mois.

Ainsi, nous permettrons une vraie insertion pour le salarié et un vrai accompagnement pour les communes qui devrait déboucher sur la pérennisation de l’emploi sous peine de rembourser les aides.

La situation mérite que le gouvernement étudie ce genre de propositions .

Dans le cas contraire, le Président de la République en restera à sa logique budgétaire de court terme.

Et alors, en tout état de cause, ce sont les citoyens qui finiront par en subir les conséquences, soit pas une baisse des services, soit par une hausse de la fiscalité locale.


"Le début de ce quinquennat interroge. Si je partage la déception des Français, je ne suis pas aujourd'hui dans la condamnation."

INTERVIEW – Le président de l’UDI, député de Seine-Saint-Denis, «partage la déception des Français» vis-à-vis des premiers pas d’Emmanuel Macron. Mais il affirme ne pas être dans «la condamnation».

Lire l'interview sur Le Figaro

LE FIGARO. – Quel bilan tirez-vous des premiers pas de l’exécutif?

Jean-Christophe LAGARDE. – Comme nombre de Français, je suis déçu par les cafouillages au Parlement et des premières décisions que je ne partage pas. Je pense à l’étranglement des collectivités locales en leur supprimant 13 milliards d’euros de dotations, à la réduction du nombre d’élus dans les petites communes alors qu’ils ne coûtent rien. Je pense aussi aux 850 millions d’euros supprimés pour les armées alors que les menaces augmentent. Ou encore au choix de faire des économies sur les aides au logement – en l’absence des réformes structurelles indispensables – qui frappent les Français les moins favorisés.

C’est donc la déception qui domine?

Oui, car l’exécutif doit en finir avec les annonces désordonnées et lancer enfin de vraies réformes pour donner du sens. Il est triste que le Parlement ait été mobilisé tout l’été par cette loi ridicule sur «la confiance en la vie publique». En vérité, les parlementaires sont les élus les plus encadrés bien qu’ils soient les moins susceptibles de malversations. Et cette réforme ne vise qu’eux, en passant sous silence les élus locaux ou la haute fonction publique. Rien n’est fait contre la pratique de représentants de l’administration d’État qui prennent des décisions lourdes au profit d’entreprises avant d’aller y pantoufler pour gagner mieux leur vie. Rien non plus sur le financement des syndicats. Tout cela est absurde.

Quel rôle doivent jouer les Constructifs?

Si je partage la déception des Français, je ne suis pas aujourd’hui dans la condamnation. Le début de ce quinquennat interroge. À nous de faire des propositions pour que l’exécutif retrouve la bonne direction. D’abord en incitant le président à exercer un pouvoir moins personnel. La France ne se réforme pas quand on l’enchaîne, elle se réforme quand on l’entraîne. Il y a des possibilités d’entraîner le pays vers de bonnes réformes quand on explique, qu’on donne du sens. Même sur celle du Code du travail par exemple. Encore faut-il que le gouvernement associe le Parlement à ce travail. Ce n’est le cas pour l’instant qu’a minima.

Chez les Constructifs, Républicains et UDI avancent-ils d’un même pas ?

Nous avons les mêmes interrogations et je ne doute pas que nous en tirions les mêmes conclusions. La sincérité veut que quand on a un doute sur une réforme, on le dit. Nous partageons un même corpus de valeurs, pour une économie libérale, un effort éducatif national, une exigence de justice sociale et un impératif de fédération européenne. Encore faut-il que l’exécutif soit disposé à nous entendre. Pour l’instant, on sent chez Édouard Philippe une vraie volonté de travailler avec nous. Disons les choses honnêtement, ça semble beaucoup moins le cas d’Emmanuel Macron.

Ces valeurs partagées avec les Républicains constructifs vont-elles vous conduire à créer une formation politique commune?

Je le souhaite. Le centre représenté par l’UDI a vocation à s’élargir à des progressistes venus de la droite, mais aussi de l’ex-gauche – je pense aux radicaux de gauche, aux écologistes indépendants – avec qui les différences sont minimes. Il y a aujourd’hui la place pour une famille politique qui réunirait ceux qui se sont libérés de l’emprise du Parti socialiste et ceux qui refusent la ligne nationaliste et ultra-droitière de Laurent Wauquiez. Avec lui, les Républicains n’ont qu’une seule idée en tête: se porter toujours plus à droite. Les électeurs n’ont pas voulu les suivre. À nous de créer une force politique qui réponde à leurs attentes. Nous prendrons des initiatives en ce sens à la rentrée.


Admission à l’université : Catherine Morin-Desailly appelle à « en finir avec l’hypocrisie »

Communiqué de Catherine Morin-Desailly
Paris, le 19 juillet 2017

Alors que la ministre de l’enseignement supérieur, Mme Frédérique Vidal, a ouvert une concertation sur l’admission à l’université, Catherine Morin Desailly (UC – Seine Maritime), présidente de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication, salue l’initiative du Gouvernement visant à mettre fin au tirage au sort pour l’accès à certaines licences universitaires : « il faut savoir faire preuve de courage afin d’en finir avec cette hypocrisie, qui aboutit à ce que l’on conserve la forme de sélection la plus injuste ». 

Elle rappelle que dès 2016 la commission avait pris position en faveur d’une « sélection juste » pour l’accès à l’enseignement supérieur. Dans son rapport , la mission d’information sur l’orientation scolaire, présidée par Jacques-Bernard Magner (Socialiste et républicain – Puy-de-Dôme) et dont le rapporteur était Guy-Dominique Kennel (Les Républicains – Bas-Rhin), préconisait « l’édiction de prérequis transparents et affichés dans APB pour l’accès à toutes les formations à effectifs limités ».

La commission avait également alerté le secrétaire d’État à l’enseignement supérieur et à la recherche de l’époque, Thierry Mandon, sur l’impréparation de la rentrée 2016, alors que l’accroissement du nombre des étudiants était prévisible. Enfin, lors de l’examen de la proposition de loi de Jean-Léonce Dupont (UC – Calvados) relative à la sélection en master, la commission avait souligné la nécessité d’aborder sans tabou la question de la sélection à l’entrée de l’université.

La situation s’est aujourd’hui aggravée puisque 87 000 bacheliers restent aujourd’hui sans affectation. Catherine Morin-Desailly souligne à nouveau l’urgence d’une réforme d’ensemble et assure que le Sénat demeurera vigilant quant aux futures modalités d’admission à l’université, afin que ces dernières soient équitables et « qu’elles participent de la réduction de l’échec en licence, qui constitue un immense gâchis et une forme de sélection déguisée ».


Armées : rétablissons la confiance !

TRIBUNE – La démission du Chef d’Etat Major des Armées, suite à l’humiliation publique injustifiée qui lui a été infligée le 13 Juillet dernier devant ses troupes, est  une crise grave et surtout un signe alarmant.

Lire la tribune de Jean-Christophe Lagarde sur le Huffington Post

Alarmant car elle vient souligner en même temps des choix budgétaires qui mettent en difficulté notre sécurité nationale et un réflexe autoritariste qui n’était pas de mise. L’autorité découle de l’adhésion à un leadership et à un projet. L’autoritarisme ne fait que croire s’imposer en brutalisant.

Cette humiliation était injustifiée car le Général De Villiers n’avait commis aucune faute qui légitime un rappel à l’ordre si violent.

Un militaire n’a évidemment pas à se répandre dans la presse pour nourrir des débats sur la stratégie militaire, l’opportunité des interventions armées ou encore sur le budget consacré à La Défense.

Ce ne fut pas le cas du Chef d’Etat Major ! Auditionné par la Commission de La Défense de l’Assemblée Nationale, il a présenté la situation réelle de nos armées, exposé l’ampleur des missions intérieures et extérieures et souligné l’étendue des difficultés et des lacunes que subissent nos soldats engagés à cause d’une vingtaine d’années de baisse du budget de la Défense. C’est vrai, il a dit des vérités désagréables à entendre dans notre pays, qui se dit en guerre mais dont les Chefs d’Etats ne soutiennent pas nos soldats autrement que par des mots. Mais il était parfaitement dans son rôle, et même dans son devoir, qui est de rendre compte, voire d’alerter, les parlementaires qui votent les budgets et autorisent des opérations extérieures où nos jeunes risquent leurs vies.

Le Président de la République n’aurait pas du s’en émouvoir, ou alors il lui faut supprimer la Commission de La Défense ou encore interdire aux militaires de se rendre à ses convocations, ce qui reviendrait au même.

Le problème soulevé par le Général de Villiers est simple. Nous prétendons être et rester une grande puissance sur la scène internationale, tenir notre rang de membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU en participant aux interventions militaires et mener les combats nécessaires, à l’extérieur comme à l’intérieur, pour nous défendre contre un ennemi terroriste qui nous fait la guerre. Malgré toutes ces ambitions affichées, proclamées, répétées, nous ne nous en donnons pas les moyens depuis bientôt 30 ans.

Les chiffres sont imparables. Depuis la chute du mur de Berlin nous avons diminué notre effort de Défense de 32,3%. Nous venons de diminuer les effectifs de 11% en dix ans (16% étaient initialement prévus avant les attentats). De tout ce qui fait l’Etat, l’Armée est la seule à qui on a infligé une purge aussi violente, simplement car nos dirigeants étaient sûr qu’avec « la grande muette » il n’y aurait ni manifestation, ni grève.

Les chiffres sont également cruels, notamment pour nos soldats. 60% des véhicules utilisés en OPEX sont trop vieux et n’ont pas de blindage suffisant, exposant nos soldats aux dangers. Les pilotes de chasse engagés devraient s’entraîner 180 heures par an alors qu’ils ne volent que 160 heures annuelles, dont une centaine d’heures sont en réalité des heures de combat. Le reste de nos armes est tout aussi sous entraîné faute de crédits. N’ayant plus assez de munitions pour bombarder, nos troupes sont obligées d’en emprunter aux armées alliées, sans savoir quand nous les rembourserons. Les nouveaux fusils d’assault HK416 ont été livrés sans le viseur adapté pour rendre les tirs précis et efficaces. Depuis Février dernier, le porte-avion Charles De Gaulle est indisponible pour 18 mois (jusqu’à l’été prochain), privant la France de tout moyen d’action aéronavale faute d’avoir un autre porte aéronef…

Ces chiffres ne sont pas seulement des statistiques ou des outils de mesure budgétaire. Ils se traduisent sur le terrain de guerre par des dangers accrus pour nos militaires et des lacunes graves dans nos moyens de combattre. Comment admettre, par exemple, qu’on cherche pendant des mois des groupes terroristes dans un Sahel grand comme l’Europe et qu’on soit obligé de renoncer à les frapper faute des moyens nécessaires en avions, en drones, en hélicoptères en état de marche ? Que diront les français s’ils apprennent demain que c’est de là que sera partie la prochaine vague d’attentats dont nous serons victimes et que nous aurions pu empêcher ?

Oui les choix budgétaires annoncés sont inquiétants car sur les 4,5 milliards d’économies nécessaires, 30% sont imposés à l’Armée et à la sécurité intérieure (Police et Gendarmerie), ce qui est énorme mais surtout décalé. Quel pays en guerre diminue-t-il les moyens de se protéger à l’intérieur comme à l’extérieur ?

Pour l’Armée, on nous annonce dès cette année une baisse de 850 millions des crédits qui devaient équiper nos soldats pour financer nos interventions militaires à l’étranger. Il y a là un double paradoxe. D’une part, plus le pouvoir politique décide d’interventions extérieures, plus cela coûte cher. Et pour financer ces opérations coûteuses on décide de rogner et de sacrifier sur les besoins d’équipements de nos soldats qu’on envoie au combat. On les envoie se battre mais on barguigne leurs moyens de se battre…

D’autre part, les troupes françaises engagées au Sahel et au Levant n’agissent pas que pour la protection de la France. Elles contribuent à la protection de toute l’Europe. Mais, le nombre de soldats européens qui se trouvent engagés contre les foyers terroristes dans ces régions est marginal. Pourtant, les attentats et les prises d’otage ne visent pas que la France ou le Royaume Uni. Rien qu’au cours des deux dernières années sur notre continent, ce sont aussi l’Allemagne, la Belgique, le Danemark, la Suède qui ont été frappés. Il n’est donc pas acceptable que la France supporte quasiment seule la charge financière des interventions militaires. Nous payons déjà presque seuls le prix du sang, nos amis européens peuvent au moins payer le prix de l’argent ! C’est ce que le Président Macron doit exiger désormais, et rapidement.

Au-delà des choix malheureux pour 2017, on nous annonce une augmentation du budget de la Défense de 1,5 milliard en 2018 ! Attention à ce que cela ne soit pas en trompe l’œil. En effet, chaque année depuis longtemps on sous budgétise le coût de nos interventions militaires, prévoyant en moyenne 450 millions en début d’année pour un coût réel final de 1,3 milliards. La différence de ces choix insincères, dont M. Macron n’est pas responsable, était financée par l’annulation de crédits d’autres ministères. Il est sain que le coût de ces OPEX (Opérations Extérieures) soient réintégrées dans le budget de la Défense, dès la loi de finances initiale. Mais en faisant ce choix, le Chef de l’Etat décide que les 850 millions économisés en 2017 le sont par l’Armée au profit des administrations habituellement mises à contribution. Et pour 2018, il faut donc retirer ces 850 millions du 1,5 milliard annoncés, ce qui laisse à peine 650 millions de vraie augmentation, c’est-à-dire même pas de quoi compenser ce qui aura été supprimé en 2017. En clair sur 2017-2018, les deux premières années du quinquennat, le budget de la Défense sera étalé. On est loin des engagements du Chef de l’Etat.

Deux mesures sont indispensables pour « en même temps » rétablir la confiance dont le Président de la République doit bénéficier auprès de nos militaires et retrouver la cohérence d’un pays qui est en guerre et doit s’en donner les moyens.

La première est de décider de créer un budget spécial pour les opérations extérieures dès 2018, rattaché au Ministère de La Défense mais dont les crédits ne pourront plus être pris sur le budget de la Défense. En clair, on prévoit 1,3 milliards pour nos OPEX (dont 850 millions sont financés par les administrations précédemment ponctionnées) et on augmente parallèlement d’un vrai milliard et demi le budget pour nos équipements.

La seconde c’est de respecter l’engagement du Chef de l’Etat de porter notre effort de Défense à 2% du PIB. Mais pas n’importe comment ! La loi de programmation militaire 2019-2025 doit être sincère, basée sur une revue stratégique honnête et avec des engagements clairs. Elle doit prévoir que les deux tiers de l’augmentation des moyens nécessaires auront lieu en 2019 et 2020, le tiers restant étant étalé sur 3 ans. C’est le seul moyen de refuser le trompe l’œil et de remettre à niveau nos forces armées dans un délai raisonnable, car il serait irresponsable de penser que les augmentations ne devraient survenir qu’en fin de quinquennat, après des décennies de lâchetés budgétaires. Nous devons cette honnêteté et cette sincérité à nos forces armées, à leur engagement, à leur dévouement pour notre sécurité.

En matière militaire, le trompe l’œil tue et prépare les défaites. Notre histoire nous l’a appris. Si le Président de la République tire ces conclusions de cette crise militaro-politique, alors la démission du Général de Villiers, pour injuste qu’elle soit, aura été utile à notre pays. Sinon, le Chef de l’Etat n’aura, pour le remplacer, fait que trouver un haut gradé admettant d’assumer la contradiction néfaste entre nos objectifs de guerre et les moyens qu’on y consent.

Jean-Christophe LAGARDE

Président de l’UDI

Membre de la Commission de La Défense à l’Assemblée Nationale