Encore une victoire pour l'UDI : Dominique Verien élue sénatrice de l'Yonne


"Taxe d'habitation : de la difficulté de mettre en oeuvre les réformes"

Tribune de Laurent Lafon

La réforme de la Taxe d’habitation est le premier faux pas d’Emmanuel Macron. Annonce de campagne lancée pour séduire un large électorat, elle s’avère compliquée à mettre en œuvre et aujourd’hui personne ne sait quelle en sera l’issue. Une chose est certaine, on peut dès aujourd’hui annoncer qu’elle sera probablement coûteuse pour l’Etat. Le « nouveau monde » en utilisant les mêmes pratiques que « l’ancien monde » aboutira probablement au même résultat : une réforme peu lisible et surtout coûteuse pour l’Etat !

Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron a annoncé la suppression de la Taxe d’habitation pour 80% des contribuables. L’objectif recherché était clairement d’adresser un message à la classe moyenne avec une mesure favorable en terme de pouvoir d’achat. Pour rassurer les collectivités, il est annoncé que le manque à gagner pour les collectivités sera compensé par l’Etat.

Si la mesure est reçue très positivement par les contribuables, elle soulève en revanche une fronde des élus locaux, toutes tendances confondues, qui se voient ainsi priver d’une recette fiscale essentielle dans un paysage financier contraint depuis plusieurs années et l’annonce d’une compensation financière est loin de rassurer – au contraire.

Une fois l’élection présidentielle passée, vient le temps de la mise en œuvre et c’est là que le principe de réalité prend le dessus sur les promesses de campagne ! Depuis l’ élection, la réflexion du Président a sensiblement évolué car plusieurs difficultés sont en effet apparues.

Quel est le sens d’un impôt qui ne serait payé que par 20 % des contribuables (sans parler de sa légalité au regard du principe d’égalité des contribuables devant l’impôt) ?

Supprimer la Taxe d’habitation permet d’accroître le pouvoir d’achat des Français de 20 milliards certes mais compenser la perte de revenus pour les collectivités constitue une nouvelle dépense de 20 milliards pour l’Etat ! Alors que l’Etat est contraint par l’Union européenne de diminuer fortement les dépenses publiques, ce n’est sans doute pas le meilleur message envoyé à Bruxelles …

Les collectivités jouent un rôle moteur dans notre pays, pas seulement sur le plan démocratique et social, mais aussi sur le plan économique à travers la commande publique et l’investissement public. Que deviennent des secteurs comme le logement, les travaux publics pour ne citer qu’eux si les collectivités diminuent leur investissement ? Et pour éviter cela, elles ont besoin d’une ressource fiscale dynamique et pérenne.

Et c’est ainsi, qu’après un été et un automne marqués par des relations tendues avec les élus, le Président de la République a annoncé finalement la suppression totale de la TH … avant son remplacement par un nouvel impôt affecté aux collectivités.

Oui mais le principe de réalité ne s’arrête pas là.

Supprimer un impôt pour le remplacer par un autre impôt n’entraîne pas le gain de pouvoir d’achat annoncé. C’est une solution inenvisageable pour le contribuable, pour lequel, rappelons le, la réforme a été voulue.

Seul le transfert d’un impôt d’Etat existant répond à l’ensemble des critères. Une telle solution n’est pas une hypothèse d’école. L’Etat la met en oeuvre actuellement avec le transfert d’une partie de la TVA aux régions pour permettre à ces dernières de financer les nouvelles compétences dans le domaine économique.

Elle n’a donc rien d’absurde, elle présente même bien des avantages. La neutralité pour les contribuables, qui n’ont pas à supporter une imposition supplémentaire, et l’autonomie pour les collectivités, qui ne sont plus dépendantes de l’Etat et de ses difficultés financières.

Alors, quel est l’impôt d’Etat dont le montant est au moins de 20 milliards (montant actuel de la TH), qui peut être « territorialisé » pour maintenir le lien entre le contribuable et le territoire ?

A bien y regarder, il n’en existe pas tant que ça, il n’en existe même qu’un : l’impôt sur le revenu.

L’histoire pourrait donc bien se terminer pour les collectivités. Elles pourraient ainsi récupérer une partie de l’impôt sur le revenu, impôt dynamique, dont le principe n’est pas contesté.

Ca ne serait pas le cas en revanche pour l’Etat. En transférant 20 milliards de recettes, l’Etat doit trouver 20 milliards d’économies ou prendre le risque d’augmenter la dette publique.

Finalement, le « nouveau monde » risque d’être victime comme « l’ancien » de ses promesses de campagne. Une fois l’élection passée, elles buttent sur le principe de réalité et aboutissent, comme souvent, sur la facilité budgétaire qui consiste à les financer par une augmentation des dépenses publiques et l’accroissement des déficits publics.


"Les positions de Laurent Wauquiez s’éloignent tellement de nos convictions que je ne vois pas quel centriste pourrait accepter sa main tendue."

«Il n’y aura plus d’alliance avec les Républicains»

Laurent Wauquiez a tendu cette semaine la main aux alliés centristes. Vous lui répondez quoi ?
Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI. Les positions qu’il prend depuis des années, et plus encore depuis deux-trois ans, s’éloignent tellement de nos convictions que je ne vois pas quel centriste pourrait accepter cette main tendue.

L’UDI a toujours été une alliée de la droite. Si Wauquiez l’emporte, la rupture sera définitive ?
Nous savons tous que Laurent Wauquiez sera élu, et son positionnement politique n’est pas compatible avec le nôtre. Il a refusé de faire battre Le Pen. Il est dans une obsession identitaire et dans un discours antieuropéen. Ce qui revient à incarner l’ultradroite, en tout cas pas la droite humaniste dont l’UDI fut l’alliée. Je le dis très clairement : il n’y aura plus d’alliance avec les Républicains en tant que parti. Ce n’est plus possible. Ce qui n’empêchera pas de travailler avec des personnalités qui partagent nos valeurs.

C’est-à-dire ?
Il y a des élus locaux, comme Christian Estrosi, Dominique Bussereau, Valérie Pécresse ou encore Xavier Bertrand qui sont des gens aux valeurs compatibles avec nous car leur vision de la droite est gaulliste ou chiraquienne.

Mais pour faire quoi ? Un grand mouvement central peut-il émerger ?
Je pense qu’avec les personnalités que je viens de citer, comme avec les nouveaux mouvements qui se réclament de cette droite humaniste, nous pouvons reconstruire quelque chose de solide qui ne soit pas dans l’anti-Macron primaire. L’UDI est en tout cas prête à travailler avec eux. Je propose même qu’à partir de début 2018 nous organisions ensemble des états généraux de reconstruction du centre et de la droite.

Vous faites donc le pari de l’implosion des Républicains ?
Je n’en fais pas le pari, je la constate. En 2002, l’UMP a été une tentative d’incarner la droite et le centre. A partir de 2008, ce n’est devenu progressivement que la droite. Aujourd’hui, les Républicains s’enferment dans l’ultradroite que représente Laurent Wauquiez. Cette évolution pousse beaucoup de gens à s’organiser autrement pour conduire un combat politique conforme à leurs valeurs. Regardez le parti de maires autour de Christian Estrosi ou Agir, avec qui nous travaillons à l’Assemblée.

Si Wauquiez change de ton, vous ne croirez donc pas qu’il peut être sincère ?
Il ne peut pas tenir en même temps un discours destiné à séduire l’extrême droite et vouloir attirer les centristes. Ce n’est pas compatible, et même pas crédible. Nous ne pouvons pas travailler avec quelqu’un capable de dire tout et son contraire juste pour être élu.

Lire l'interview sur LeParisien.fr

#LaVilleAuxDames : l'appel de Sophie Auconie et Annick Billon

Communiqué de Sophie Auconie et Annick Billon
Paris, le 22 novembre 2017

lavilleauxdames

Nos villes sont genrées. Elles sont aux hommes. Tout en témoigne. Qu’ils s’agissent des pavés de nos rues à nos bouches de métros, à chaque coin de rue nous cherchons la place de la femme.

Le constat est sans appel : 6%, c’est la proportion que l’Histoire a laissée aux femmes illustres pour la dénomination de nos rues. Est-ce si grave ? Oui, car le nom de nos rues souligne la gratitude et la distinction de la Nation envers des esprits qui ont marqué notre société.

Alors non, la place des femmes dans l’espace public n’est pas accessoire. Non, nos pères fondateurs n’étaient pas que des hommes.

Olympe de Gouges rêvait que dans les siècles futurs nous placions le nom des femmes au rang de ceux des plus grands hommes. C’est pourquoi je propose que chaque commune de France, s’engage en faveur de l’égalité sur l’espace public en baptisant du nom d’une femme, une rue : la ville aux dames.

Alors que cette année, nous avons connu la disparition de Simone Veil, à titre personnel, c’est la mémoire de cette grande dame que je choisirai d’honorer.

C’est avec conviction que je porterai cette initiative auprès de Madame Brigitte Macron à l’occasion de la Journée Internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, ainsi qu’à Madame la Ministre Marlène Schiappa lors du Colloque sur la Culture du Viol organisé ce jour.
Sophie AUCONIE – Députée de l’Indre-et-Loire, Vice-présidente de l’UDI en charge de la féminisation et des nouveaux talents

Annick BILLON – Sénatrice de la Vendée, Présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat


Tribune : "J’aurais aimé pouvoir voter le budget de l’Etat présenté par le nouvel exécutif."

TRIBUNE de Jean-Christophe Lagarde – « J’aurais aimé pouvoir voter le budget de l’Etat présenté par le nouvel exécutif. Et, parmi les centristes et la droite progressiste, nous sommes nombreux dans ce cas. »

Lire la tribune sur le Huffington Post

Ce budget est d’abord le plus honnête depuis 15 ans. En cela, il tranche notamment par rapport au dernier budget de M. Hollande dont la Cour des Comptes avait souligné, après nous, l’insincérité et la manipulation. Il est aussi bien plus sérieux que ses prédécesseurs, car pour une fois, les économies annoncées ne sont pas fictives mais bien réelles, même si hélas elles se font plus souvent dans la poche des autres que de l’Etat lui-même. La dépense de l’Etat baisse vraiment en pourcentage du PIB et ne se contente plus d’augmenter moins vite qu’avant. Ce sérieux budgétaire, nous centristes, nous UDI, nous le demandons à corps et à cri depuis 15 ans au nom des générations que nous condamnons à payer nos dettes. Et ce sérieux est assumé, malgré l’irresponsabilité du précédent Chef de l’Etat qui a distribué les milliards payables en 2018 avant de quitter lui-même l’Elysée.

C’est aussi un budget qui affirme une vraie stratégie économique, ce qui là encore tranche avec le quinquennat Hollande. Je partage cette stratégie qui consiste à tout miser sur les entreprises pour qu’elles créent des emplois en baissant leurs charges, en simplifiant et contractualisant le droit du travail, en orientant l’épargne vers l’investissement productif. A l’UDI, nous le disons depuis longtemps : pour faire reculer le chômage, il n’y a pas d’autre voie que de mettre le paquet pour permettre aux entreprises de gagner des marchés et donc créer des emplois au profit de ceux qui en demandent.

Ce budget traduit des orientations intéressantes en matière de rétablissement de l’ascenseur social que n’aurait jamais dû cesser d’être l’Ecole de la République. Il affirme faire enfin de l’apprentissage une priorité, ce que là encore nous réclamons depuis 15 ans, même si cela ne devrait pas se faire au détriment des emplois aidés. Il marque une volonté d’augmenter enfin les moyens consacrés à notre sécurité extérieure et intérieure, qu’il s’agisse des Armées ou des forces de Police et de Gendarmerie, bien que cet effort reste insuffisant dans les deux cas. Il poursuit la lente croissance des moyens consacrés à notre Justice sinistrée, mais à un rythme insuffisant pour rattraper 20 ans de retard au cours desquels nous avons mis deux fois moins d’argent dans la Justice que les pays comparables.

Enfin, sur le plan fiscal, la volonté d’afficher une trajectoire lisible, stable et donc prévisible, ce que nous demandons depuis des années, était indispensable et peut contribuer à faire revenir la confiance des entrepreneurs comme des consommateurs.

Pourquoi donc ne pas voter ce budget qui présente d’évidentes qualités que n’ont jamais eu ses prédécesseurs ?

Parce que « en même temps » ce budget est entaché d’erreurs, voire de fautes, qui auraient pu, qui auraient dû être corrigées.

Bien qu’issue de la campagne présidentielle, l’augmentation de la CSG est l’erreur la plus lourde. Car si nous partageons la nécessité de réduire le coût du travail pour regagner en compétitivité, il ne suffit pas de la déplacer du patron vers le salarié. Il faudrait le transférer du travail vers la consommation. A ce titre l’augmentation de la CSG est une occasion manquée. Car M. MACRON poursuit et amplifie notre erreur nationale de faire porter le poids de toute notre protection sociale uniquement sur ce qui est produit en France, par les français, dans une économie devenue mondiale. En clair, tout ce que nous produisons finance nos médicaments, nos retraites, notre assurance chômage. Tout ce que nous achetons et qui est fabriqué à l’étranger est épargné du poids de nos charges sociales… Nos amis allemands l’ont bien compris et depuis 20 ans, en instaurant 3 points de TVA compétitivité, ils nous font payer à nous une partie de la sécurité sociale allemande. Il fallait avoir le courage, comme SCHRÖDER, de créer cette TVA compétitivité à la française sur le taux supérieur de la TVA au lieu d’augmenter la CSG et de monter ensuite des usines à gaz pour essayer de compenser la perte du pouvoir d’achat des retraités, des fonctionnaires ou des indépendants. Ainsi, la protection sociale qui nous est chère ne pèserait plus uniquement sur nos épaules.

La suppression de la Taxe d’Habitation pour 80% des français, bien que progressive est évidemment populaire. Cela a fait recette dans débat électoral comme dans les urnes, comme toute mesure démagogique. Je dis démagogique car il n’y a aucune bonne raison de supprimer la Taxe d’Habitation sans toucher à la Taxe Foncière. Pour un logement, ces deux impôts locaux ont la même assiette, financent les mêmes collectivités locales, et sont payés par TOUS les français contrairement à une légende populaire très répandue. En effet, si la Taxe Foncière est payée au Trésor Public par le propriétaire, un locataire paye aussi la Taxe Foncière qui est comprise dans le loyer qu’il règle à son propriétaire, même lorsqu’il s’agit d’un bailleur social. Dans ma commune, par exemple, les locataires HLM payent à l’Office Public d’Habitat deux mois entiers de loyers qui ne servent qu’à payer la Taxe Foncière. Et cela qu’ils soient au RSA ou qu’ils gagnent 2500€ par mois… Car la principale différence entre la TH et la TF n’est pas ceux qu’elles frappent. La différence c’est que la Taxe d’Habitation tient partiellement compte des revenus ce qui n’est pas le cas de la Taxe Foncière. En clair, la Taxe d’Habitation est beaucoup plus juste que la Taxe Foncière qui est très inéquitable. Et c’est l’impôt le plus juste que la majorité décide de supprimer sans toucher au monstre d’iniquité qu’est la Taxe Foncière. Nous ne pouvons pas nous associer à cela !

Une vraie réforme efficace et équitable eut été de fusionner ces deux taxes locales (ce qui est source de simplification et d’économies) et de les moduler en fonction des ressources des familles. Combien de temps acceptera-t-on encore ce scandale qui veut qu’un retraité veuf, propriétaire de son logement, paye la même taxe foncière que celle qu’il payait quand il était en couple et que les deux travaillaient ? Ses revenus ont pu être divisés par trois son impôt ne bouge pas ! Et c’est à cet impôt là que M. MACRON refuse de toucher…

Résultat : L’injustice de la fiscalité locale n’en sera que plus grande. L’Etat trahira une fois de plus sa parole car il ne compensera la perte de recette que la première année et ne tiendra plus compte de l’inflation après. Et les communes seront sans doute contraintes d’augmenter l’impôt le plus injuste, la Taxe Foncière, le dernier qui leur restera, pour compenser la différence.

La baisse des APL telle que prévue actuellement n’est pas seulement une erreur mais une faute. Pour réaliser 1,7 milliards d’euros d’économies, le Gouvernement impose une baisse des APL. Et simultanément il oblige les bailleurs sociaux à baisser les loyers du même montant pour que le locataire n’ait pas à payer la différence. En fait, l’Etat fait 1,7 milliard d’euros d’économie dans la poche des bailleurs. Et contrairement à ce que prétend le Gouvernement, rien ne vient sérieusement compenser les pertes de recettes des organismes HLM, ni des surloyers inapplicables, ni la vente des logements à des locataires insolvables, ni de meilleures conditions d’emprunt de demain alors que le problème est de rembourser ceux d’hier avec des recettes que l’Etat raye de la carte. Il y aura deux conséquences. D’une part des bailleurs qui avaient des budgets équilibrés et entretenaient difficilement les logements vont plonger dans le déficit et le service aux locataires devenu impossible (réparations, travaux, etc…) va se dégrader complètement. D’autre part, l’obligation de renoncer aux travaux prévus, voire au Nouveau Plan National de Rénovation Urbaine, va faire perdre des milliards d’activité aux entreprises du BTP, un des rares secteurs non délocalisable. On peut comprendre que l’Etat cherche la dizaine de milliards qui sommeille dans les comptes de quelques sociétés HLM, en particulier celles qui ne logent pas les populations vraiment en difficulté. Mais ce n’est pas la bonne méthode car en procédant ainsi, la baisse des APL, ce sont des logements qui se dégradent pour les locataires les plus fragiles et de la croissance en moins pour la France. A minima, pour éviter le précipice, le Gouvernement devrait allonger la durée des emprunts en cours d’autant de temps que nécessaire pour compenser ce hold-up, ne pas traiter de la même façon les organismes HLM selon qu’ils sont publics ou privés, et engager simultanément une révolution des aides à la pierre et de celles à la personne.

La majorité se trompe en remplaçant l’ISF par l’IFI. Tous les pays qui ont créé un ISF l’ont supprimé ensuite. Aucun ne l’a remplacé par un autre impôt et ce n’est pas un hasard. L’ISF est un impôt inéquitable et inefficace. Inéquitable car les vrais riches ne le payent pas ou très peu. Inefficace parce qu’il contribue à faire fuir à l’étranger des contribuables dont nous devons payer ensuite tous les impôts qu’ils ne payent plus. Il faut donc le supprimer purement et simplement. En le remplaçant par un Impôts sur la Fortune Immobilière le Gouvernement fait d’abord courir un risque supplémentaire au secteur du bâtiment qui est déjà écarté de la Flat Tax, qui subit la hausse de la CSG contrairement aux actions, qui va voir baisser l’activité issue des bailleurs sociaux, et qui est seul visé par l’IFI. Ensuite, il crée des niches de richesses improductives pour l’emploi, comme le montre le récent débat sur les lingots et les yachts, sans garantir que l’argent épargné se dirigera vers les entreprises, l’innovation, la création d’emploi. Il nourrit donc un soupçon de favoritisme. Enfin, l’IFI est constitutionnellement discutable tant il est source d’inégalité devant l’impôt.

Plutôt que cette erreur, il aurait été légitime de créer un Investissement Productif Obligatoire pour les personnes les plus aisées de notre pays. Plutôt qu’un impôt, il serait très légitime que les plus fortunés aient l’obligation d’investir chaque année une partie de leur fortune dans des fonds finançant les PME françaises afin de contribuer à la croissance et à l’emploi.

Nous nous abstenons donc majoritairement sur ce budget qui présentait pourtant des qualités inédites. Car ces 4 erreurs principales auraient pu être évitées si la majorité savait écouter autre chose qu’elle-même, comme elle le prétendait avant les élections. En cela, cette majorité du « nouveau monde » ressemble déjà cruellement à celles de « l’ancien monde ». Celles qui ont toutes échoué en croyant toujours avoir raison seules. Car, pour un pouvoir, penser avoir toujours raison est bien le début de la déraison.


Sophie Auconie se mobilise contre le harcèlement et pour la sécurité des femmes


Un nouveau membre pour le groupe UDI-UC à la Métropole du Grand Paris

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Monsieur Jean-Pierre BARNAUD, maire de Chennevières-sur-Marne, rejoint le groupe UDI-UC de la Métropole du Grand Paris.


Sénat

Sénatoriales 2017 : la plus forte progression que l'UDI ait jamais connu

Déclarations de Jean-Christophe Lagarde à l’AFP
Paris, le 24 septembre 2017

Le groupe Union centriste, qui comptait 42 membres au Sénat avant les élections, pourrait atteindre « 50 à 55 sénateurs », a estimé dimanche le président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde.

« A l’heure où je vous parle, on fait 12 sièges de plus (…) d’ici lundi soir on sera 15 de plus, voire 17 », a déclaré M. Lagarde à la presse dans les couloirs du Sénat, après l’annonce de la majorité des résultats du renouvellement partiel du Sénat.

« C’est la plus forte progression que l’UDI ait jamais connu », s’est-il félicité, soulignant que ce décompte incluait « les gains et les pertes, puisqu’on a trois pertes et tout le reste évidemment, c’est des victoires qui s’alignent un peu partout », notamment dans des départements qui n’avaient pas d’élus UDI comme La Réunion.

« Je pense que du coup, le groupe qui est déjà le nôtre va atteindre 50 à 55 sénateurs, ce qui est considérable vu l’endroit d’où on partait », a-t-il ajouté, fustigeant ceux qui ont « annoncé tous les jours qu’on est morts ».

Le groupe devra dans les prochains jours désigner un nouveau président. Le précédent, François Zochetto, ne s’est pas présenté à un nouveau mandat, privilégiant sa mairie de Laval, en conséquence de l’application du non cumul des mandats.


Pourquoi la fin des contrats aidés est une décision inquiétante socialement et idiote économiquement

Ces contrats sont un succès, car ils s’inscrivent dans la double volonté mainte fois formulée de la nécessité d’une activité professionnelle et aussi d’une utilité sociale.

Lire la tribune de Michel Zumkeller sur le Huffington Post

Le Président de la République, quelques jours après avoir annoncé vouloir mettre en place une relation de confiance avec les Collectivités Territoriales, vient de décider de mettre un terme aux contrats aidés.

Enfin un terme très relatif, puisque tout en annonçant que ces contrats sont très onéreux et ne produiront aucun effet, il les maintient pour l’Education nationale et la police.

Passons sur cette incohérence mais profitons de l’instant pour expliquer la raison d’être de ces contrats et surtout quel sera l’impact de leur suppression.

Les contrats de type CUI et CAE sont une création de l’Etat, pour permettre la réinsertion dans la vie active des personnes les plus éloignées de l’emploi, les jeunes de moins de 26 ans et les personnes de plus de 50 ans.

En ce sens, ces contrats sont un succès, car ils s’inscrivent dans la double volonté mainte fois formulée de la nécessité d’une activité professionnelle et aussi d’une utilité sociale.

Combien de fois n’a-t-on pas entendu qu’il était inconcevable que des chômeurs qui touchent une indemnisation ne puissent se mettre au service de la Collectivité. Et bien, c’est cela les contrats aidés.

Mais intéressons-nous maintenant à l’impact que pourrait avoir sur la vie de nos Collectivités, la disparition de ce qui est un soutien financier de l’Etat.

Tout d’abord, il est edifiant de constater que c’est l’Etat lui-même qui il y a encore quelques semaines, incitait les Collectivités à signer des contrats aidés.

La mission des Préfets est bien ingrate en quelques jours. Ils ont du faire un virage à 360 degrés et expliquer combien maintenant ces contrats étaient devenus « dangereux » pour la République.

Cette suppression s’ajoute pour la Collectivité à des baisses drastiques de dotations et surtout à une inflation de désengagement de l’Etat, qui finit toujours par être assumée pour les échelons territoriaux.

Rythmes scolaires, O phyto, cartes d’identité, autant d’activités nouvelles qui nécessitent d’avoir des personnels pour répondre aux attentes des Français.

Alors que faire? accepter la situation et voir 200.000, 300.000 personnes retourner pointer à Pôle Emploi où leur seront proposées des formations qui ne les mèneront nulle part? Certainement pas.

Le Président de la République veut engager une relation de confiance avec les élus? Et bien voila ce que je lui propose.

Remplaçons le fonctionnement actuel pour un autre type de contrat, un CDI progressif.

Les Collectivités signent un CDI avec une personne qui répond aux conditions du contrat aidé, les six premiers mois, l’Etat verse 75 % d’aides et les 20 heures sont complétées par 15 heures de formation prises en charge par les organismes de formation, les six mois suivant, l’aide passe à 50 %, pour ne représenter que 25 % au bout d’un an et zéro au bout de 18 mois.

Ainsi, nous permettrons une vraie insertion pour le salarié et un vrai accompagnement pour les communes qui devrait déboucher sur la pérennisation de l’emploi sous peine de rembourser les aides.

La situation mérite que le gouvernement étudie ce genre de propositions .

Dans le cas contraire, le Président de la République en restera à sa logique budgétaire de court terme.

Et alors, en tout état de cause, ce sont les citoyens qui finiront par en subir les conséquences, soit pas une baisse des services, soit par une hausse de la fiscalité locale.


Armées : rétablissons la confiance !

TRIBUNE – La démission du Chef d’Etat Major des Armées, suite à l’humiliation publique injustifiée qui lui a été infligée le 13 Juillet dernier devant ses troupes, est  une crise grave et surtout un signe alarmant.

Lire la tribune de Jean-Christophe Lagarde sur le Huffington Post

Alarmant car elle vient souligner en même temps des choix budgétaires qui mettent en difficulté notre sécurité nationale et un réflexe autoritariste qui n’était pas de mise. L’autorité découle de l’adhésion à un leadership et à un projet. L’autoritarisme ne fait que croire s’imposer en brutalisant.

Cette humiliation était injustifiée car le Général De Villiers n’avait commis aucune faute qui légitime un rappel à l’ordre si violent.

Un militaire n’a évidemment pas à se répandre dans la presse pour nourrir des débats sur la stratégie militaire, l’opportunité des interventions armées ou encore sur le budget consacré à La Défense.

Ce ne fut pas le cas du Chef d’Etat Major ! Auditionné par la Commission de La Défense de l’Assemblée Nationale, il a présenté la situation réelle de nos armées, exposé l’ampleur des missions intérieures et extérieures et souligné l’étendue des difficultés et des lacunes que subissent nos soldats engagés à cause d’une vingtaine d’années de baisse du budget de la Défense. C’est vrai, il a dit des vérités désagréables à entendre dans notre pays, qui se dit en guerre mais dont les Chefs d’Etats ne soutiennent pas nos soldats autrement que par des mots. Mais il était parfaitement dans son rôle, et même dans son devoir, qui est de rendre compte, voire d’alerter, les parlementaires qui votent les budgets et autorisent des opérations extérieures où nos jeunes risquent leurs vies.

Le Président de la République n’aurait pas du s’en émouvoir, ou alors il lui faut supprimer la Commission de La Défense ou encore interdire aux militaires de se rendre à ses convocations, ce qui reviendrait au même.

Le problème soulevé par le Général de Villiers est simple. Nous prétendons être et rester une grande puissance sur la scène internationale, tenir notre rang de membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU en participant aux interventions militaires et mener les combats nécessaires, à l’extérieur comme à l’intérieur, pour nous défendre contre un ennemi terroriste qui nous fait la guerre. Malgré toutes ces ambitions affichées, proclamées, répétées, nous ne nous en donnons pas les moyens depuis bientôt 30 ans.

Les chiffres sont imparables. Depuis la chute du mur de Berlin nous avons diminué notre effort de Défense de 32,3%. Nous venons de diminuer les effectifs de 11% en dix ans (16% étaient initialement prévus avant les attentats). De tout ce qui fait l’Etat, l’Armée est la seule à qui on a infligé une purge aussi violente, simplement car nos dirigeants étaient sûr qu’avec « la grande muette » il n’y aurait ni manifestation, ni grève.

Les chiffres sont également cruels, notamment pour nos soldats. 60% des véhicules utilisés en OPEX sont trop vieux et n’ont pas de blindage suffisant, exposant nos soldats aux dangers. Les pilotes de chasse engagés devraient s’entraîner 180 heures par an alors qu’ils ne volent que 160 heures annuelles, dont une centaine d’heures sont en réalité des heures de combat. Le reste de nos armes est tout aussi sous entraîné faute de crédits. N’ayant plus assez de munitions pour bombarder, nos troupes sont obligées d’en emprunter aux armées alliées, sans savoir quand nous les rembourserons. Les nouveaux fusils d’assault HK416 ont été livrés sans le viseur adapté pour rendre les tirs précis et efficaces. Depuis Février dernier, le porte-avion Charles De Gaulle est indisponible pour 18 mois (jusqu’à l’été prochain), privant la France de tout moyen d’action aéronavale faute d’avoir un autre porte aéronef…

Ces chiffres ne sont pas seulement des statistiques ou des outils de mesure budgétaire. Ils se traduisent sur le terrain de guerre par des dangers accrus pour nos militaires et des lacunes graves dans nos moyens de combattre. Comment admettre, par exemple, qu’on cherche pendant des mois des groupes terroristes dans un Sahel grand comme l’Europe et qu’on soit obligé de renoncer à les frapper faute des moyens nécessaires en avions, en drones, en hélicoptères en état de marche ? Que diront les français s’ils apprennent demain que c’est de là que sera partie la prochaine vague d’attentats dont nous serons victimes et que nous aurions pu empêcher ?

Oui les choix budgétaires annoncés sont inquiétants car sur les 4,5 milliards d’économies nécessaires, 30% sont imposés à l’Armée et à la sécurité intérieure (Police et Gendarmerie), ce qui est énorme mais surtout décalé. Quel pays en guerre diminue-t-il les moyens de se protéger à l’intérieur comme à l’extérieur ?

Pour l’Armée, on nous annonce dès cette année une baisse de 850 millions des crédits qui devaient équiper nos soldats pour financer nos interventions militaires à l’étranger. Il y a là un double paradoxe. D’une part, plus le pouvoir politique décide d’interventions extérieures, plus cela coûte cher. Et pour financer ces opérations coûteuses on décide de rogner et de sacrifier sur les besoins d’équipements de nos soldats qu’on envoie au combat. On les envoie se battre mais on barguigne leurs moyens de se battre…

D’autre part, les troupes françaises engagées au Sahel et au Levant n’agissent pas que pour la protection de la France. Elles contribuent à la protection de toute l’Europe. Mais, le nombre de soldats européens qui se trouvent engagés contre les foyers terroristes dans ces régions est marginal. Pourtant, les attentats et les prises d’otage ne visent pas que la France ou le Royaume Uni. Rien qu’au cours des deux dernières années sur notre continent, ce sont aussi l’Allemagne, la Belgique, le Danemark, la Suède qui ont été frappés. Il n’est donc pas acceptable que la France supporte quasiment seule la charge financière des interventions militaires. Nous payons déjà presque seuls le prix du sang, nos amis européens peuvent au moins payer le prix de l’argent ! C’est ce que le Président Macron doit exiger désormais, et rapidement.

Au-delà des choix malheureux pour 2017, on nous annonce une augmentation du budget de la Défense de 1,5 milliard en 2018 ! Attention à ce que cela ne soit pas en trompe l’œil. En effet, chaque année depuis longtemps on sous budgétise le coût de nos interventions militaires, prévoyant en moyenne 450 millions en début d’année pour un coût réel final de 1,3 milliards. La différence de ces choix insincères, dont M. Macron n’est pas responsable, était financée par l’annulation de crédits d’autres ministères. Il est sain que le coût de ces OPEX (Opérations Extérieures) soient réintégrées dans le budget de la Défense, dès la loi de finances initiale. Mais en faisant ce choix, le Chef de l’Etat décide que les 850 millions économisés en 2017 le sont par l’Armée au profit des administrations habituellement mises à contribution. Et pour 2018, il faut donc retirer ces 850 millions du 1,5 milliard annoncés, ce qui laisse à peine 650 millions de vraie augmentation, c’est-à-dire même pas de quoi compenser ce qui aura été supprimé en 2017. En clair sur 2017-2018, les deux premières années du quinquennat, le budget de la Défense sera étalé. On est loin des engagements du Chef de l’Etat.

Deux mesures sont indispensables pour « en même temps » rétablir la confiance dont le Président de la République doit bénéficier auprès de nos militaires et retrouver la cohérence d’un pays qui est en guerre et doit s’en donner les moyens.

La première est de décider de créer un budget spécial pour les opérations extérieures dès 2018, rattaché au Ministère de La Défense mais dont les crédits ne pourront plus être pris sur le budget de la Défense. En clair, on prévoit 1,3 milliards pour nos OPEX (dont 850 millions sont financés par les administrations précédemment ponctionnées) et on augmente parallèlement d’un vrai milliard et demi le budget pour nos équipements.

La seconde c’est de respecter l’engagement du Chef de l’Etat de porter notre effort de Défense à 2% du PIB. Mais pas n’importe comment ! La loi de programmation militaire 2019-2025 doit être sincère, basée sur une revue stratégique honnête et avec des engagements clairs. Elle doit prévoir que les deux tiers de l’augmentation des moyens nécessaires auront lieu en 2019 et 2020, le tiers restant étant étalé sur 3 ans. C’est le seul moyen de refuser le trompe l’œil et de remettre à niveau nos forces armées dans un délai raisonnable, car il serait irresponsable de penser que les augmentations ne devraient survenir qu’en fin de quinquennat, après des décennies de lâchetés budgétaires. Nous devons cette honnêteté et cette sincérité à nos forces armées, à leur engagement, à leur dévouement pour notre sécurité.

En matière militaire, le trompe l’œil tue et prépare les défaites. Notre histoire nous l’a appris. Si le Président de la République tire ces conclusions de cette crise militaro-politique, alors la démission du Général de Villiers, pour injuste qu’elle soit, aura été utile à notre pays. Sinon, le Chef de l’Etat n’aura, pour le remplacer, fait que trouver un haut gradé admettant d’assumer la contradiction néfaste entre nos objectifs de guerre et les moyens qu’on y consent.

Jean-Christophe LAGARDE

Président de l’UDI

Membre de la Commission de La Défense à l’Assemblée Nationale