INTERVIEW – Jean-Christophe Lagarde, coprésident du groupe UDI, Agir, Indépendants à l’Assemblée nationale, a ouvert les portes de l’UDI à Frédérique Dumas après l’annonce, dimanche, de son départ du groupe LaREM.

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LE FIGARO. – Comment comprenez-vous le retour de Frédérique Dumas à l’UDI?

Jean-Christophe LAGARDE. – Elle a déjà été membre de l’UDI. C’est une femme dont l’engagement est toujours entier. Elle m’a expliqué combien il était difficile pour elle de défendre son point de vue au sein de La République en marche et qu’elle envisageait de changer de groupe politique. Je l’ai accueillie tout naturellement.

Peut-on y voir autre chose qu’un «retour au bercail»?

Cela traduit le malaise d’un certain nombre d’élus locaux et de parlementaires. On voit revenir des gens UDI et des gens que nous n’avions jamais vus avant. Des gens qui voudraient que le quinquennat soit un succès mais qui ont le sentiment de ne pas être entendus, écoutés et considérés. Ils se tournent vers nous avec le sentiment justifié de pouvoir défendre ce qu’ils croient car chez nous, les décisions sont prises collectivement.

Un certain nombre de gens, qui se sont engagés avec Emmanuel Macron, veulent mettre en adéquation leurs convictions et leurs pratiques politiques. Que Frédérique Dumas veuille apporter aussi ses idées dans le groupe de réflexion de Xavier Bertrand me semble positif. Cela n’augure pas de rapprochements même si j’ai toujours dit que Xavier Bertrand était quelqu’un avec qui nous pouvons travailler, ce que nous faisons tous les jours dans les Hauts-de-France.

Mme Dumas a précisé qu’elle ne quittait pas Macron mais LaREM…

Elle a le même état d’esprit que nous. Si le quinquennat est un échec, ce seront d’abord les Français, notamment les plus fragiles, qui en paieront les pots cassés. Cela nous met aussi en grand danger parce qu’une alternative populiste et démagogue nous pend au nez.

Chez vos partenaires d’Agir, Frédéric Lefebvre plaide pour une alliance immédiate avec la majorité pour les européennes. Votre avis?

Agir vient d’avoir un congrès fondateur. Il y a un débat à l’intérieur sur la stratégie. C’est bien légitime car les partis où l’on ne débat pas sont des partis morts. Maintenant, ils feront leur choix selon le calendrier qui leur conviendra. S’ils souhaitent nous accompagner dans une campagne européenne, je n’y verrai pas d’objection.

Quel est le bon calendrier pour l’UDI?

Janvier 2019, à cinq mois de l’échéance. Au moment où les Français commenceront à s’intéresser aux élections.

Au MoDem, on entend de plus en plus de critiques à l’égard du pouvoir. Comment analysez-vous
cette évolution?

La première année de mandat a été celle des occasions manquées. Nous représentons ceux qui ont voté Macron au 2e tour et pas au 1er mais nous n’avons pas été entendus, contrairement aux promesses faites. La réaction du MoDem montre qu’une partie de ceux qui ont voté Macron au 1er tour n’ont pas été écoutés non plus. Les majorités monolithiques commettent des erreurs que l’on pourrait éviter. Être capable d’écouter n’est pas rester impuissant.