Pas un jour ne se passe sans l’annonce de piratages de données de sites, de grandes entreprises ou de sites gouvernementaux ou autres.
On pourrait tenir un inventaire à la Prévert, car j’en suis à 17 pages d’un tableau Excel non exhaustif.
Plus de 160 millions de données, nos données de santé, données bancaires, fiscales, cadastrales, le fichier des détenteurs d’armes à feu, celui de la fédération des chasseurs, celui de nombreux sites de location de vacances ; bref, rien n’échappe aux pirates.
Soyons sérieux, ils ne sont ni Russes ni Iraniens. Ils ont entre 14 et 18 ans, ils sont hackers, habitués, biberonnés aux jeux vidéo et ont ouvert un challenge à celui qui piratera le plus gros fichier. Chaque annonce est un trophée, cela constitue une émulation.
Et puis, une fois sur le dark web, fini de jouer. Nos données en vente pour 5 à 10 euros sont à la merci des réseaux de criminalité organisée qui vont pouvoir les utiliser pour monter des arnaques en nombre. Face à ce constat, de nombreuses questions se posent.
Des questions sur l’architecture de nos ministères et agences, des questions sur la conception des systèmes et leur protection. À quel niveau de l’organigramme sont placés les services cyber ? Quels moyens leur sont attribués pour les contrôles et la maintenance ?
J’aurais tendance à dire que la réponse se trouve dans la question et dans la pitoyable situation dans laquelle nous nous trouvons. Car dans cette affaire, personne ne sera épargné, les usurpations d’identité, ça n’arrivera pas qu’aux autres. Il faut savoir qu’avec nos données exposées à tout vent, un acteur malfaisant peut ouvrir un compte bancaire à notre nom, contracter des crédits, retirer les fonds sans tarder et disparaitre en nous laissant une ardoise à payer.
Le domaine des possibles est infini et les risques aussi. Imaginez le cocktail piratage + intelligence artificielle.
Il est essentiel de comprendre les failles qui ont permis à un agent négligent du ministère de l’Agriculture d’ouvrir au piratage de la Direction générale des Finances publiques et du ministère de l’Environnement ; de mesurer les conséquences sur le plan de la criminalité des fuites concernant des propriétaires de crypto- actifs, des sites de ventes d’or et de métaux précieux ou encore de diamants, sites qui comportent noms, adresses et coordonnées des clients acheteurs ou vendeurs. C’est open-bar pour les criminels.
Aux premiers jours de la rentrée parlementaire, il est essentiel que ce sujet soit la priorité du groupe de l’Union centriste au Sénat et de l’UDI, c’est un sujet qui touche à notre sécurité physique, mais aussi à l’ordre public.
Il faut comprendre comment ces failles ont pu arriver, rechercher les responsables et surtout des solutions pour protéger nos données qui sont aujourd’hui menacées et, avec elles, notre sécurité. C’est pourquoi je plaide pour la constitution d’une commission d’enquête, qui seule pourra nous éclairer sur les voies à prendre pour reprendre la main sur une situation somme toute hors de contrôle.