Trois ans après le 7 octobre 2023, la mémoire de cette journée demeure douloureuse. Ce jour-là, Israël a subi l’une des attaques terroristes les plus meurtrières de son histoire : des centaines de civils assassinés, des familles brisées et des otages emmenés de force à Gaza.
Se souvenir du 7 octobre, ce n’est pas prendre parti dans le conflit israélo-palestinien. C’est d’abord refuser que le massacre de civils juifs soit relativisé, justifié ou oublié.
Or, depuis cette date, une autre réalité nous interpelle directement : en France, l’antisémitisme reste à un niveau extrêmement préoccupant. Après l’explosion de 2023, les chiffres demeurent élevés : 1 320 faits antisémites ont encore été recensés en 2025.
Mais le plus inquiétant est peut-être que cette haine trouve parfois un écho chez les plus jeunes. L’école, qui devrait être le lieu par excellence de l’apprentissage de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, n’est pas épargnée. Pour l’année scolaire 2024-2025, 3 851 actes racistes et antisémites ont été recensés dans les écoles, collèges et lycées.
Les mouvements lycéens ne sont pas en reste. Dans certaines mobilisations, des slogans visant Israël peuvent parfois glisser vers des amalgames visant les Juifs, et la contestation politique peut se transformer en hostilité envers des élèves ou des enseignants juifs. Il faut savoir distinguer la critique légitime de la politique d’un État de la haine d’un peuple ou d’une religion.
La lutte contre l’antisémitisme ne signifie évidemment pas fermer les yeux sur les souffrances des Palestiniens. Elle impose au contraire une exigence universelle : aucune vie humaine ne vaut moins qu’une autre.
C’est ici que la République doit tenir bon. Elle ne peut être une spectatrice face à la haine. Elle doit protéger, sanctionner lorsque c’est nécessaire et surtout transmettre. À l’école, dans les familles, dans les associations comme dans les mouvements lycéens, chacun doit comprendre qu’en France, la liberté d’expression n’est pas un permis d’humilier, de menacer ou de désigner une communauté à la vindicte.
La République française repose sur une promesse simple : la même dignité, les mêmes droits et la même protection pour tous, quelles que soient leurs origines ou leurs convictions. La laïcité protège cette promesse ; elle ne saurait servir de prétexte à l’exclusion d’une religion ou d’une communauté.
Le 7 octobre doit donc être un rappel : aucun Français juif ne doit avoir à choisir entre son identité et son appartenance à la nation. La République ne demande pas aux citoyens de renoncer à ce qu’ils sont ; elle exige de chacun qu’il respecte la liberté et la dignité de l’autre.
Se souvenir du 7 octobre, c’est défendre cette exigence républicaine : la barbarie ne devient jamais acceptable selon l’identité de ses victimes, et la haine n’est jamais une opinion comme une autre.