La colère des lycéens et des étudiants ne se résume pas à Parcoursup. Si la plateforme cristallise les tensions, elle révèle une inquiétude plus profonde : celle d’une jeunesse qui doute de son avenir et qui attend des réponses concrètes.
Parcoursup est souvent présenté comme un algorithme qui trierait les candidats. Cette représentation mérite d’être déconstruite. Pour les formations sélectives, ce sont les enseignants des formations d’accueil, réunis en commissions d’examen des vœux, qui étudient les dossiers et établissent les classements selon les critères propres à chaque formation. Parcoursup permet seulement de gérer les candidatures et de transmettre les propositions d’admission. Réduire le débat à la plateforme, c’est passer à côté des véritables enjeux.
Face à la mobilisation, le gouvernement annonce 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur dès la rentrée 2027, ainsi que des évolutions de Parcoursup. Ces mesures répondent à certaines attentes, mais elles ne couvrent pas l’ensemble des revendications exprimées par les jeunes. Elles ne suffiront pas, à elles seules, à apaiser leur colère.
Créer des places est nécessaire, mais cela ne garantit pas la réussite. À l’université, environ un étudiant sur deux inscrit en première année de licence passe en deuxième année. Parmi les bacheliers entrés en licence en 2020, seuls 39,5 % ont obtenu leur diplôme en trois ou quatre ans. Ces chiffres nous obligent à regarder au-delà de l’accès aux formations et à interroger l’accompagnement des étudiants, mais aussi le travail d’orientation réalisé bien en amont.
Un projet d’orientation ne se construit pas dans l’urgence, en classe de terminale, au moment de formuler ses vœux. Il doit mûrir tout au long de la scolarité, grâce à un accompagnement progressif qui permette à chaque jeune de découvrir les métiers, de connaître les formations qui débouchent sur un emploi et de construire ses propres choix. C’est aussi une condition pour mieux concilier les aspirations de notre jeunesse avec les besoins économiques du pays, dans une société en perpétuelle mutation.
La jeunesse ne doit pas être seulement entendue quand elle se mobilise en période de crise : elle doit être écoutée lorsqu’elle construit l’avenir. Lui redonner confiance, c’est lui donner une voix, une place dans le débat public et des raisons d’espérer.
Parce qu’une jeunesse sans perspectives est une jeunesse qui doute, faisons de son avenir notre priorité politique.