Les 25 et 26 septembre 2026 se sont déroulées à Paris les journées de célébration et de fraternité du pape Léon XIV, avec pour point d’orgue la messe de la place de la Concorde. Elles ont été portées par une immense ferveur de nos concitoyens, qu’ils soient jeunes ou vieux, catholiques ou non !
Paradoxe étonnant : c’est sur cette place, d’abord place Louis XV puis devenue place de la Révolution en 1792, que plus de 1 100 personnes furent guillotinées, dont le très pieux roi capétien Louis XVI, le 21 janvier 1793, et son épouse Marie-Antoinette, qui le suivit le 16 octobre 1793.
Robespierre, qui les avait amenés à l’échafaud, y mourut lui aussi le 10 thermidor an II (28 juillet 1794), en même temps que son mauvais génie, le fidèle Saint-Just, entre autres (Danton les y avait précédés).
Le 21 septembre 1792, la monarchie fut abolie par la Convention nationale (auparavant, du 2 au 7 septembre 1792, des centaines de prêtres avaient été massacrés, surtout dans les prisons parisiennes).
Sans rancune, les papes nous ont depuis rendu visite et ont célébré des messes avec nous, mais pas avant le Concordat conclu en 1801 par Bonaparte, alors Premier consul.
Lors de la venue du pape, c’étaient donc en partie ces mêmes jeunes lycéens (qui se mobilisent actuellement pour leur avenir) qui étaient devenus les fidèles d’un jour, dans une quête de spiritualité improvisée et respectueuse de l’ordre public !
Mais les jours se suivent et ne se ressemblent pas : nos dirigeants ont failli en n’écoutant pas la voix des jeunes générations, celles qui croient au ciel et celles qui n’y croient pas !
Le pape, lui, a réussi à rassembler ce qui était épars dans une immense communion des esprits, ainsi que dans le respect de nos valeurs laïques.
L’autre partie de notre jeunesse, livrée à elle-même depuis des décennies, sans éducation parentale et face à une école qui démissionne souvent, n’a hélas plus d’autres repères que la violence et l’irrespect de nos institutions régaliennes.
L’uniforme, quel qu’il soit, ne leur fait plus peur, leurs aînés ne leur montrant pas toujours l’exemple. Il ne fallait surtout pas supprimer le service militaire, qui était le fondement de l’unité de la nation et qui permettait aux désœuvrés de se réinsérer dans notre société.
En 1968, j’avais 20 ans, et toute notre jeunesse rebelle, dont je faisais partie, fut envoyée faire son service militaire en Allemagne pendant 18 mois (adieu les cheveux longs !). En rentrant, nous n’étions plus les mêmes : le général de Gaulle, avec Massu, avait réussi à rééduquer les révoltés. Je ne dis pas que c’était la bonne solution, mais au moins cela avait apporté la paix dans nos banlieues.
Je crois toujours en notre jeunesse, celle des beaux quartiers comme celle des quartiers dits défavorisés. Mais attention, ne nous leurrons pas : seules l’égalité sociale et la justice pour tous pourront nous sortir à nouveau de cette crise, que je sais temporaire.