Le mouvement des lycéens, qui s’étend jour après jour, doit absolument être pris au sérieux. Il est l’expression d’un malaise profond chez les jeunes. Un malaise que personne ne peut ignorer, et encore moins les élus de terrain que sont les maires.
Malheureusement, les questions soulevées par les lycéens qui, pour une grande part, sont tout à fait légitimes, passent au second plan à cause des débordements et de la violence qui sont très souvent le fait de quelques casseurs extérieurs au mouvement.
Face à cette situation, la fermeté et l’écoute doivent guider notre action.
• La fermeté face aux débordements. Chaque infraction doit être condamnée et réprimée car rien ne justifie de s’attaquer au bien commun, de tenter d’incendier des lycées, d’agresser des commerçants ou des professeurs. Pour autant, l’intervention des forces de l’ordre doit faire la part des choses entre celles et ceux des lycéens qui veulent tout simplement manifester pacifiquement et celles et ceux qui veulent en découdre avec violence. La réponse doit toujours être proportionnelle et je regrette que cela ne soit pas systématiquement le cas.
• L’écoute parce que la colère de ces jeunes doit absolument être prise en considération. Leurs revendications sur leurs conditions d’études sont légitimes : manque de moyens, dégradation de certains locaux, manque ou non-remplacement des professeurs et, surtout, absence de perspectives d’avenir…
Beaucoup connaissent un désarroi d’autant plus profond qu’ils rencontrent des difficultés pour trouver une formation adaptée à leurs besoins, un stage professionnel, un contrat d’apprentissage ou tout simplement une orientation. Le fonctionnement de Parcoursup suscite trop d’incompréhension et de frustrations. Des ajustements, si ce n’est une refonte complète du système, sont nécessaires.
Perdus et démotivés, nos jeunes voient aussi leurs aînés rencontrer des difficultés à joindre les deux bouts. Ils sont confrontés à la réalité du dérèglement climatique, ils ont traversé la crise sanitaire et sont maintenant face à une crise économique profonde.
À tout cela s’ajoute un contexte politique délétère, avec des élus qui ne montrent pas toujours l’exemple et des chamailleries politiques qui ne règlent rien et créent de la tension là où, au contraire, il faudrait de l’apaisement.
Quand l’échange, la discussion, l’écoute n’ont plus leur place dans les relations humaines, c’est la violence qui prend le dessus.
C’est pourquoi notre rôle est d’écouter les jeunes, à chaque niveau de nos institutions, dans les écoles, les collèges et les lycées. C’est par le dialogue et la concertation que nous trouverons, ensemble, les solutions aux problématiques qu’ils soulèvent aujourd’hui.
En tant que maire de Beauvais, j’ai donc décidé de réunir des lycéens pour engager un échange, comprendre et entendre leurs revendications, trouver des solutions et tenter de rompre avec le climat de violence qui règne.
Car j’ai confiance en la jeunesse, je sais qu’elle peut être non pas celle qui casse mais celle qui propose, celle qui s’exprime, celle qui revendique pacifiquement et qui veut exister et non pas subir.
Et il nous revient de l’entendre, de l’écouter, de la considérer et de la respecter.
Il nous revient d’agir pour qu’elle puisse regarder le futur avec un peu plus de sérénité et d’enthousiasme.
Il nous revient de nous battre à ses côtés pour lui donner les moyens de grandir et de se construire un avenir.