Toutes les actualités
Nadia Rezana

Une tribune de

Nadia Rezana

Secrétaire nationale UDI chargée de l’Éducation nationale et de la réussite éducative et Proviseure

Mobilisation lycéenne : entendre notre jeunesse, comprendre le malaise et protéger son avenir

12 octobre 2026

La mobilisation lycéenne qui traverse aujourd’hui notre pays doit nous interroger collectivement.

À l’origine, les revendications exprimées par les élèves portent sur des réalités très concrètes : conditions matérielles, état des établissements, restauration, emplois du temps, remplacement des enseignants, Parcoursup ou encore conditions d’étude.

Ces préoccupations doivent être entendues. Le dialogue avec les lycéens est indispensable.

Mais nous devons également regarder avec lucidité ce qui se joue désormais autour de cette mobilisation.

La violence qui s’est propagée dans de nombreux territoires, dans des établissements et des villes de profils très différents, ne peut pas être réduite à la seule réalité des quartiers populaires. Elle nous oblige à regarder plus largement ce qui traverse aujourd’hui notre jeunesse et, au-delà, notre société.

Des dégradations, des incendies, des affrontements et des violences envers des élèves ou des personnels d'encadrement ont été constatés. Ces actes sont inacceptables et doivent être condamnés sans ambiguïté. Mais les condamner ne doit pas nous empêcher de chercher à comprendre ce qui les nourrit.

Car ce qui s’exprime aujourd’hui ne semble pas être apparu en quelques jours. Le malaise est plus ancien. Il s’est installé progressivement et trouve aujourd’hui différentes formes d’expression : décrochage, sentiment de ne pas être entendu, perte de confiance dans les institutions, tensions dans les établissements, difficultés sociales, mais aussi volonté de prendre la parole et de peser sur les décisions qui concernent l’avenir.

La mobilisation actuelle doit donc être regardée comme un signal d’alerte. Elle nous invite à ne pas nous contenter de répondre à l’urgence, mais à nous interroger sur ce que nous voulons construire avec cette génération.

Nos jeunes ont des choses à dire, des aspirations, des inquiétudes et une véritable envie de participer au débat public. Cette mobilisation témoigne aussi de cette volonté de prendre leur place et de faire entendre leur voix. Nous devons l’encourager et lui donner un cadre.

En quelques jours, un mouvement né de préoccupations lycéennes s’est également élargi et est devenu un enjeu de débat politique et idéologique. Dans ce contexte, le risque d’une instrumentalisation de la colère et des inquiétudes de notre jeunesse ne peut pas être ignoré.

Dans une société où l’information circule en continu, où les réseaux sociaux accélèrent la diffusion des messages et où l’émotion peut rapidement prendre le pas sur le débat, nous devons plus que jamais donner à chacun les moyens de comprendre, de vérifier et de confronter les informations qui lui sont proposées.

C’est précisément pour cela que l’investissement dans notre jeunesse ne peut pas être considéré comme une dépense parmi d’autres : c’est un investissement dans notre avenir.

C’est une conviction que nous devons continuer à porter : donner à chaque jeune les moyens de construire son avenir, c’est préparer celui de notre pays. Cela passe par une École qui transmet des savoirs, mais aussi par une véritable éducation aux médias, à la citoyenneté et à l’esprit critique.

Notre responsabilité est double : protéger les élèves et les personnels face aux violences, tout en entendant le malaise qui s’exprime.

Refusons à la fois la banalisation de la violence et la réduction de notre jeunesse à ses débordements. Nos jeunes ne doivent pas être instrumentalisés : ils doivent être écoutés, responsabilisés et accompagnés pour devenir les acteurs de la société de demain.

Parce que l’École ne doit pas seulement transmettre des connaissances. Elle doit ouvrir le champ des possibles, donner confiance, permettre à chacun de construire son parcours et apprendre à exercer sa liberté de jugement.

C’est cette ambition que nous devons porter pour notre jeunesse.

Investir dans notre jeunesse, c’est investir dans notre avenir.
L’écouter, c’est la respecter.
Lui donner les moyens de choisir, c’est croire en elle.