Sans majorité depuis la dissolution de 2024, l’exécutif poursuit chaque année un véritable chemin de croix pour que la France ait un budget. Entre les lignes rouges des uns, la mauvaise foi des autres Sébastien Lecornu zigzague avec comme seule boussole la volonté d’éviter le pire pour notre pays.
Et ce sera difficile, très difficile. Le contexte économique n’est pas favorable : une faible croissance, une inflation au-delà des 3% en septembre et des taux d’intérêts qui s’envolent rendent la tâche encore plus complexe que les années précédentes. Le budget dont l’objectif affiché est d’avoir un déficit à 5% doit intégrer l’envolée de la charge de la dette qui devrait atteindre 91,2 Md€ en 2027, contre 79,2 Md€ en 2026. Souvenons qu’elle était inférieure à 35 milliards il y a 5 ans.
Alors comme à chaque fois, nous avons droit à de multiples propositions de Bercy pour aller chercher quelques centaines de millions d’euros de recette supplémentaires ici ou là à l’image de cette idée d’aller prélever 125 millions d'euros sur les réserves de l'Agence nationale pour les chèques-vacances. On en rirait de bon cœur si la situation n’était pas si grave. Comme chaque année, les communes seront rudement mises à contribution alors qu’elles votent leur budget à l’équilibre et que le poids de la dette des collectivités est resté stable à 9% du PIB sur ces trente dernières années quand, dans le même temps, la dette publique globale est passée de 55% à 120% de notre produit intérieur brut.
Vous l’avez compris, cette séquence budgétaire sera laborieuse et pénible à vivre. On est au bout d’un cycle et poursuivre sur cette trajectoire budgétaire n’est pas tenable pour la France. Il faut se ressaisir collectivement, regarder la situation de notre pays avec un peu de recul et d’objectivité. Le vieillissement démographique et la dénatalité s’accélèrent. Le bloc des dépenses sociales pèse près de 1000 milliards d’euros par an. Ne pas le voir ou faire semblant de ne pas le voir est irresponsable. Il faut passer à autre et réparer notre pays avec les mécanos de la République comme l’explique si bien Jean-Louis Borloo.